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FINUL, OTAN : vestiges du XXe siècle ou dernières digues d’un monde qui se fissure ?

Mais en 2026, une question brutale s’impose. Ces structures servent-elles encore à quelque chose dans un monde devenu incontrôlable, asymétrique, et de plus en plus cynique ?
La FINUL est sans doute le cas le plus révélateur. Créée en 1978 pour stabiliser le sud du Liban, elle devait surveiller les cessez-le-feu, accompagner l’armée libanaise et empêcher les débordements entre Israël et le Hezbollah.

Sur le papier, une mission noble. Dans la réalité, une impuissance chronique. Incapable d’empêcher les violations répétées du cessez-le-feu, incapable de protéger réellement les populations, elle s’est retrouvée coincée entre deux logiques militaires qu’elle ne contrôle pas. Résultat : une perte de crédibilité totale sur le terrain, au point que son retrait est désormais programmé d’ici fin 2026 . Même ses défenseurs reconnaissent que son rôle est limité, faute de mandat offensif et de volonté politique .

Et pourtant, dire qu’elle ne sert à rien serait trop facile. Car la FINUL reste un amortisseur. Un canal discret entre ennemis. Un témoin qui documente les violations et empêche parfois l’escalade totale. Sans elle, le sud-Liban pourrait déjà être replongé dans une guerre ouverte permanente. Elle ne fait pas la paix, mais elle évite parfois le pire. C’est peu.

Mais dans certaines régions du monde, c’est déjà énorme.
L’OTAN, elle, joue dans une autre catégorie. On pourrait croire qu’elle est redevenue centrale avec la guerre en Ukraine et le retour des logiques de blocs. Et c’est vrai : elle n’a jamais été aussi active depuis la fin de la guerre froide. Mais cette montée en puissance cache une fragilité profonde. L’OTAN est une alliance de pays aux intérêts divergents, dépendante des États-Unis, et souvent incapable de répondre aux nouvelles formes de guerre : cyberattaques, drones, conflits hybrides, milices, terrorisme diffus. Le monde a changé plus vite qu’elle.

Le problème de fond est là : ces organisations ont été conçues pour un monde d’États, de frontières claires, de guerres classiques. Or aujourd’hui, la guerre est floue, permanente, souvent indirecte. Elle passe par des acteurs non étatiques, des stratégies d’influence, des technologies bon marché qui contournent les armées traditionnelles. Dans ce contexte, envoyer des casques bleus ou mobiliser des coalitions militaires lourdes ressemble parfois à une réponse du passé à des menaces du futur.

Mais attention au piège intellectuel : déclarer ces structures “obsolètes” est séduisant… et dangereux. Car rien ne les remplace. Supprimez la FINUL, et vous avez un vide immédiat. Fragilisez l’OTAN, et vous ouvrez un espace à d’autres puissances moins scrupuleuses. Le monde ne devient pas plus stable sans elles. Il devient simplement plus brutal.

La vérité est plus inconfortable : ces organisations ne sont ni totalement inutiles, ni réellement adaptées. Elles survivent dans une zone grise, entre héritage et nécessité, entre inefficacité et indispensable. Elles tiennent encore debout, mais ne suffisent plus à structurer le monde.

Ce qui est en train de disparaître, ce n’est pas seulement leur utilité. C’est l’idée même d’un ordre international capable de contenir la violence. Et ça, c’est une autre histoire, beaucoup plus inquiétante.

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