Oussama Amar, mytho, malin… ou un peu des deux ?
Entre entrepreneur visionnaire pour les uns et conteur mythomane pour les autres, son parcours ressemble à un scénario de série sur la French Tech.
La naissance d’une star de la start-up
Né au Liban et grandi entre plusieurs pays avant d’arriver en France, Oussama Amar se forge très tôt une image d’enfant prodige de l’entrepreneuriat. Il raconte avoir créé une société de développement web à seulement 13 ans, profitant d’une législation plus permissive en Uruguay.
Dans les années 2010, il devient l’un des visages les plus visibles de l’écosystème des start-ups en France. En 2013, il cofonde l’incubateur The Family, qui ambitionne de créer une Silicon Valley européenne et d’accompagner des centaines de jeunes entreprises tech.
L’incubateur devient rapidement influent : conférences, formations, mentorat d’entrepreneurs. Amar y joue un rôle central, mélange de professeur iconoclaste, de stratège et de showman.
Le talent du récit
Oussama Amar est avant tout un narrateur. Ceux qui l’ont écouté en conférence parlent d’un orateur hypnotique, capable de raconter le monde des affaires comme une saga épique.
Mais ce talent pour la narration va aussi nourrir la polémique. Sur les réseaux sociaux et dans certaines interviews, il raconte des histoires spectaculaires, rencontres improbables, parties de poker avec des mafieux japonais, relations dans les cercles les plus puissants, qui suscitent autant de fascination que de scepticisme.
Ses détracteurs y voient un personnage qui enjolive la réalité. Ses admirateurs parlent plutôt d’un entrepreneur qui comprend que le storytelling est la matière première du business moderne.
Dans un monde où les start-ups vendent d’abord une vision avant un produit, la frontière entre récit et réalité devient parfois floue.
La chute
Le conte entrepreneurial bascule brutalement en 2021. Oussama Amar quitte The Family dans un climat explosif. Ses anciens associés l’accusent d’avoir détourné plusieurs millions d’euros appartenant à l’incubateur et à ses investisseurs.
Les procédures judiciaires s’enchaînent alors dans plusieurs pays. Une juridiction des îles Caïmans condamne Amar et certaines de ses sociétés à verser plus de 7 millions d’euros de dommages et intérêts à The Family.
En France, il fait également l’objet d’enquêtes pour fraude fiscale, abus de confiance et blanchiment, ouvertes notamment après des plaintes liées à l’affaire The Family.
En février 2025, il est même brièvement placé en garde à vue à son retour en France dans ce dossier.
Le retour permanent
Mais Amar est aussi un personnage qui refuse la disparition. Installé aujourd’hui entre Dubaï et l’univers du Web3 et des cryptomonnaies, il continue de publier, donner des conférences et vendre des formations sur l’entrepreneuriat.
Ses vidéos circulent beaucoup sur TikTok et YouTube. On y retrouve le même mélange d’intelligence stratégique, de provocations et de récits flamboyants.
Il cultive même son image de personnage controversé. Comme si la polémique faisait désormais partie du spectacle.
Mytho ou malin ?
La vérité est probablement moins simple que l’alternative.
Oussama Amar a incontestablement contribué à populariser l’entrepreneuriat dans la French Tech et a participé à l’accompagnement de nombreuses start-ups prometteuses. Mais son parcours est aussi jalonné d’affaires judiciaires, de récits contestés et de conflits spectaculaires.
Ce qui dérange peut-être le plus chez lui, c’est cette zone grise :
celle où le talent du conteur rencontre la brutalité du business.
Dans l’économie contemporaine, certains réussissent parce qu’ils inventent des produits.
D’autres parce qu’ils inventent des histoires.
Oussama Amar appartient peut-être à cette seconde catégorie.
Et dans le capitalisme du récit, cela peut suffire à bâtir un empire… ou à provoquer sa chute.
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