Quelle superbe ambiance latine, quel bel écrin fantasque, quels beaux tissus, quels beaux papiers peints, on entre très vite dans le vif du sujet de cette comédie haute en couleurs à la fois osée, couillue et audacieuse mais qui, mine de rien, touche des sujets pertinents et essentiels comme ceux de la famille, de la succession, de l’argent, de la tolérance, de l’homosexualité, des désirs refoulés, des aigreurs, des jalousies et mille autres sentiments humains forts traités avec beaucoup de subtilité, d’ironie d’émotions divers et variées !
Stephan Druet avec beaucoup de sensibilité, un grand sens esthétique et référentiel puisé dans la peinture, le cinéma, le théâtre et la musique de l’Argentine, au Mexique à l’Italie en passant par l’Espagne a réussi à monter une pièce de très belle facture qui montre crescendo, qui monte en puissance tout du long pour finir dans un délicieux délire très bien dosé, étonnant, drolatique et sur-réaliste qui utilise toutes les possibilités d’une belle salle de théâtre.
On rit beaucoup, on ne voit pas arriver les choses, on est surpris à chaque scène, on est nourri par les jeux de comédiens, la mise en scène très riche, ces jeux de lumière qui mériterait un Molière, un César, un Oscar. La prestation en forme de performance à l’américaine de Sebastien Galeota touche une sorte de perfection du genre, elle offre des scènes d’anthologies qui pourraient bien rester dans la mémoire du théâtre moderne. Le casting est aux petits oignons, Sophie Mounicot prouve une fois de plus son extraordinaire sens de la comédie, Emma Fallet offre une belle naïveté gentille et touchante à son personnage de soeur, belle-soeur en mal d’amour, Philippe Saïd offre son grand sens de la Comédie, son expérience multiface, son beau physique, sa "Gueule" superbe qui rappelle personnages de Marcel Carné comme ceux des grands acteurs à la française et son talent qui touche des sommets dans une scène difficile mais grandiose en forme de divulgation d’un désir intime et inconscient avec Renata, et pour finir le petit jeune Antoine Berry Roger qui est véritablement la grande Révélation de cette pièce avec un jeu étonnant de justesse, de fantaisie d’une grande maitrise..
On ressort heureux comblé de RENATA, cette comédie humaine rythmée, trans-genre, cynique et hors norme touchera tous les âges, toutes les sensibilités et tous les milieux car elle est aussi et surtout très intemporelle, voire historique. Ce récit de famille vénale s’organisant pour toucher un héritage de manière vicieuse, les secrets d’un microcosme, les non-dits, les faux-semblants, les jalousies, l’amour, la mort, la joie, la peine, tout est là traité avec un grand savoir-faire et un amour total pour l’Art et l’humain. A voir absolument. Une bien belle équipe et un projet qui se donne les moyens de ses ambitions et ce à tous les niveaux et dans tous les domaines de la création théâtrale.
Une pièce argentine traduite et adaptée par Sebastiàn Galeota et Stéphan Druet,
d’après « Renée » de Javier Maestro.
Avec : Sophie Mounicot, Philippe Saïd , Emma Fallet, Sebastiàn Galeota, Antoine Berry-Roger
Décor : Olivier Prost
Lumières : Christelle Toussine
Bande son et musiques : Maxime Richelme
Costumes : Denis Evrard
RENATA de Javier Maestro.
Du jeudi au samedi 21h
Samedi et dimanche 17h au Comédie Bastille.
Première le 15 septembre 2016 !
1ers aux 1ères : du 15 au 30 septembre
1ère cat : 17€
2ème cat : 14.50€
32 € et 27 €
Tarif Jeune (moins de 26 ans)* : 10 € au guichet ou 11 €* sur notre site internet
Tarif Onzième (habitant du 11ème arrondissement )* : 11 €*
*en fonction des places disponibles
Réservations : http://www.aparteweb.com/awprod/BAST/AWCalendar.aspx?INS=BAST&CAT=83
