Des souris shootées au Botox pour rester belles

Des souris shootées au Botox pour rester belles

Suite au "coup de gueule" de Brigitte Bardot concernant les tests de toxine botulique effectués par l’industrie cosmétique sur des souris de laboratoire, le Dr André Ménache, directeur du collectif Antidote, rend la société Ipsen particulièrement responsable de la souffrance infligée aux animaux.

💡 Vous aimez cet article ?
Partagez-le. Le Mague vit aussi grâce à ses lecteurs.

Les injections de Botox, nom commercial de la toxine botulique, sur des souris sont-ils vraiment nécessaires pour obtenir un produit garantissant tous les standards de sécurité aux femmes qui y ont recours ? "Vous devez tout de même être au courant du fait que des scientifiques britanniques de l’Institut National des Standards et des Contrôles Biologiques (NIBSC) ont mis au point une procédure qui n’utilise pas d’animaux pour vérifier l’efficacité des lots de doses de ce produit", écrit le Dr André Ménache, directeur du collectif Antidote au laboratoire Ipsen.

Ipsen est un prolongement des Laboratoires Beaufour, laboratoire pharmaceutique français créé à Dreux en 1929 par le docteur Henri Beaufour. La stratégie de développement du groupe repose sur une complémentarité entre les produits des domaines thérapeutiques ciblés, moteurs de sa croissance, et les produits de médecine générale qui contribuent notamment au financement de sa recherche. Ipsen s’engage à chercher à "réduire l’utilisation des animaux pour tester les toxines dès que possible", un engagement qui paraît de pure forme.

Dans la lettre qu’il adresse au laboratoire, le Dr André Ménache précise que "D’ailleurs, vous ne serez pas la première société pharmaceutique à utiliser une telle solution". Il prend comme exemple les entreprises Novartis en Suisse et Baxter aux États-Unis, qui "ont largement remplacé les lapins pour les tests de pyrogénicité (fièvre) en s’appuyant sur une méthode sans animaux (le test d’activation des monocytes — MAT)". De plus, il met en doute la volonté affichée de la société Ipsen de s’affranchir de la souffrance animale, et note que "si cette méthode n’a été validée par l’Union européenne qu’en 2006, ces deux sociétés l’utilisent déjà depuis 2004".

"Il est donc pour le moins étrange que votre Déclaration susmentionnée concernant les tests de la toxine botulique s’appuie sur un article qui date de presque quatre ans vu les progrès scientifiques réalisés depuis et les possibilités de validation actuelles", conclut le scientifique. La fondation Brigitte Bardot et Antidote rappellent que 5.000 souris de laboratoire ont été sacrifiées sur l’autel de l’éternelle jeunesse que le Botox est censé apporter aux personnes qui l’utilisent, mais surtout pour permettre à l’industrie cosmétique d’éviter trop de frais en recherches. "Une faille juridique fait que ce produit n’est pas concerné par l’interdiction de tester des produits cosmétiques sur des animaux dans la mesure où le Botox a été développé initialement en tant que médicament", lit-on sur le site Internet "Bronzez sans Cruauté".

Les tests de validation du Botox pratiqués sur ces animaux sont-ils vraiment nécessaires ? Sachant que "chaque lot d’injections de Botox nécessite la mort de 500 souris qui ont subi une lente agonie, de trois jours en général, le temps pour les muscles respiratoires de se paralyser". Non, estiment ces défenseurs de la cause animale, citant le Dr Dorothea Sesardic, une scientifique qui a contribué au développement de la méthode sans animaux il y a 10 ans : "Ipsen devra rapidement céder sous la pression des consommateurs et adopter une méthode de test n’impliquant pas d’animaux si les personnes qui utilisent du Botox commencent à protester".

Dans la mesure où il existe une méthode alternative pour tester ces produits, "Il ne s’agit pas de renoncer à des soins cosmétiques mais juste d’allier beauté et compassion et d’épargner d’horribles souffrances à des animaux". Pour autant, les souffrances animales pourraient faire réfléchir les femmes qui ont recours à la toxine botulique pour conserver l’apparence d’une éternelle jeunesse. Le Botox, s’il arrive à faire illusion, est-il absolument sans danger pour la santé ?

le 26/08/2009
Impression

12 Messages

  • 26 août 2009 23:33, par Andy

    Il faudrait que les gens fassent pression auprès d’Ipsen , car c’est aussi par celle ci que les sociétés pharmaceutiques peuvent cèder
    Merci à André Menache pour ses compétences et son éthique, et merci aussi à International Campaigns pour son engagement contre l’expérimentation animale.
    http://www.antidote-europe.org/et International Campaings ( bronzez sans cruauté )
    http://www.international-campaigns.org/
  • 27 août 2009 08:42, par Felix

    En effet, je crois que la pression citoyenne peut faire changer les choses et obliger cette firme ( et les autres..) à ne plus pratiquer l’expérimentation animale .
    Antidote fait un magnifique travail et j’encourage les lecteurs de ce site à aider ce collectif, et à se mobiliser pour que cette ignominie qu’est l’expérimentation animale pratiquée au nom de tout et de chaque chose soit abolie.RIEN, ne peut la justifier. Personne n’a le droit de torturer l’autre, quelque soit le but à atteindre.
  • 27 août 2009 12:39, par philo

    La pétition (et lettre) est un formidable moyen légitime de pression, à laquelle le législateur européen est sensible, ne serait-ce que pour des motifs politiques.
    C’est même un devoir MORAL pour chaque citoyen que de dénoncer tout ce qui est fait aux animaux.
    • Des souris shootées au Botox pour rester belles 27 août 2009 13:50, par Felix

      En effet les lettres de protestations et de demandes" d’explications" sont des moyens de pressions qui ont fait leurs preuves. Je suis persuadée que si les citoyens s’étaient mobilisés avant ce vote du 5 mai dernier sur l’expérimentation animale, il n’y aurait pas eu ce résultat ignoble et majoritaire en FAVEUR de cette ignominie .
      Oui chacun de nous avons un devoir moral envers ces êtres vivants qui ne peuvent s’opposer, et ne rien faire c’est accepter et collaborer à la faillite de notre humanité .
  • 27 août 2009 15:14, par Felix

    L ’expérimentation c’est cette réalité là aussi :
    "Le programme REACH nécessitera jusqu’à 54 millions d’animaux de laboratoire et sa mise en oeuvre coûtera 9,5 milliards d’euros au cours des 10 prochaines années, soit 20 fois plus d’animaux et six fois plus d’argent que prévu initialement, [comme le rapportent des scientifiques] dans le journal Nature."http://www.nature.com/news/2009/090826/full/news.2009.860.html
    "Une nouvelle analyse scientifique de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health a constaté que le nombre de substances chimiques pré-enregistrées pour le programme REACH pour chaque industrie a largement dépassé les prévisions et implique un volume énorme de test."
  • 27 août 2009 15:17, par Felix

    suite : => Donc 54 millions d’animaux EN PLUS sur une période de 10, en plus de tous ceux déjà suppliciés annuellement en Europe.
    Seul espoir pour ce "dossier" : que les industriels européens du profit se rendent compte qu’il existe des méthodes sans animaux beaucoup plus rapides et économiques pour tester toutes ces substances, comme le préconise Antidote Europe, et qu’ils fassent eux aussi pression, pour leur porte-monnaie, c’est sûr, sur les instances européennes.
  • 29 août 2009 15:55, par Felix

    A envoyer à :
    didier.veron@ipsen.com
    david.schilansky@ipsen.com
    pierre.kemula@ipsen.com
    Objet : 3 propositions de titre pour votre courrier électronique qui devraient passer les filtres anti-spam
    Demande de précisions
    Demande de renseignements
    Pourquoi ?
    *Bonjour,
    Je viens de prendre connaissance sur des forums spécialisés que pour tester les lots de toxine botulique, Ipsen utilise encore le test odieux et archaïque de la DL50 sur quelque 500 souris par lot de Botox !
    Suite dans le message suivant
  • 29 août 2009 15:58, par Felix

    *Je suis consterné de vérifier ces informations sur votre site et qu’il soit encore possible de nos jours de faire souffrir et de sacrifier des animaux, êtres sensibles, par milliers pour un produit. D’autant plus qu’il existe depuis 1999 une méthode substitutive, sans animaux donc, mise au point par l’Institut National britannique des Standards et des Contrôles Biologiques (NIBSC) pour réaliser les tests de toxicité.
    Dans la mesure où Ipsen ne s’intéresse pas à cette méthode non violente et continue de faire souffrir des animaux, il est certain que je n’utiliserai jamais vos produits et que je n’inviterai personne à les utiliser tant que la politique d’Ipsen sera de supplicier des animaux.
  • 29 août 2009 16:08, par Felix

    Suite et fin...
    Le grand public étant de plus en plus sensible au sort que les entreprises pharmaceutiques réservent aux animaux, soyez certain que cette sinistre nouvelle circule déjà abondamment..
    Salutations,
    identité (Nom + Prénom)
  • 31 août 2009 12:06, par Felix