Vers un accord sur le désarmement !
Le Président américain Barack Obama et le chef d’État russe Dmitri Medvedev comptent réaliser des progrès sur la réduction des arsenaux militaires et sur l’Afghanistan, font-ils savoir avant un sommet qui les réunit au Kremlin lundi, mais ces déclarations de bonnes intentions cachent mal les difficultés qui s’annoncent.
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Le service de communication de la Maison-Blanche déclare que Barack Obama va chercher pendant deux jours d’entretiens à relancer les négociations pour réduire les arsenaux nucléaires russes et américains et à obtenir le consentement du Kremlin pour laisser transiter sur le territoire russe des armes à destination de l’Afghanistan pour les forces de l’OTAN. Barack Obama doit rencontrera aussi des hommes d’affaires russes et prêter une attention diligent à une opposition démocratique qui s’estime régulièrement bafouée.
Pour autant, le président des États-Unis s’attèle à plus difficile en cherchant à atteindre son objectif de "renouveler" les relations bilatérales entre Washington et Moscou. Celles-ci ont montré l’année dernière leur plus mauvais aspect depuis la Guerre Froide, à cause de l’envoi par la Russie de troupes à la frontière de la Géorgie, alliée des États-Unis depuis la dislocation de l’empire soviétique, ce qui a eu pour conséquence une ferme condamnation de Washington. De l’autre côté, les Russes ont ressenti comme une provocation le déploiement naval américain en Mer Noire.
Dmitri Medvedev s’est révélé "modérément optimiste" à propos de la visite de son homologue américain, d’autant plus que les deux parties sont divisés sur le projet des États-Unis d’installer un système antimissile en Europe Centrale, ce que la Russie considère comme une menace pour sa sécurité. De la même manière, le ressentiment russe à l’égard de l’expansion de l’OTAN à l’intérieur du territoire de l’ex-Union Soviétique fait planer le doute sur les conséquences des entretiens à venir.
Un sondage a révélé la veille de l’arrivée de Barack Obama la grande méfiance des Russes à l’égard des États-Unis. Cette étude de l’Université du Maryland montre que 75% de Russes estiment que les Américains abusent de leur super puissance et 2% seulement considèrent avoir "une grande confiance" dans la conduite américaine des affaires mondiales. Dmitri Medvedev a souligné le clivage existant la veille de l’arrivée du président des États-Unis, expliquant dimanche dans une interview que les Américains ne parviendraient à un traité sur le contrôle global des armements avec Moscou seulement s’ils abandonnent leurs projets unilatéraux de système antimissile.
Barack Obama a rejeté tout lien entre une limitation des armements et la défense antimissile dans une interview accordée à un journal russe d’opposition, mais se dit prêt à discuter coopération sur cette question avec Dmitri Medvedev. "Si nous associons nos arsenaux en ce qui concerne la défense antimissile, les États-Unis, la Russie et nos alliés respectifs seront bien plus en sécurité que si nous nous organisons chacun de notre côté", remarque le président américain à Novaya Gazeta. "J’y vois un grand potentiel" !
Si les Russes en sont toujours dimanche à une poursuite des négociations sur les éléments d’un accord sur les arsenaux nucléaires, une source officielle à la Maison-Blanche prévoit une annonce lundi, lorsque les deux chefs d’États se réunissent au Kremlin. Un dîner en compagnie de leurs épouses scellerait ensuite ces bonnes paroles dans la résidence de Dmitri Medvedev à l’extérieur de Moscou. "Nous pensons que le sommet enregistrera des progrès un accord", fait valoir Gary Samore, le coordinateur de la Maison-Blanche pour des armes de destruction massive.
Barack Obama devrait également rencontrer mardi Vladimir Poutine, l’homme le plus puissant de Russie, après l’avoir critiqué publiquement la semaine dernière. Au cours d’une interview, il a prétendu que l’ancien président de la Russie a toujours un pied dans la Guerre Froide, et l’a comparé à son successeur de façon défavorable. Vladimir Poutine a rétorqué : "Les Russes se tiennent droit sur leurs deux pieds et regardent devant eux"… Pour suggérer une atmosphère tendue, les chaînes de télévision russes ont annoncé sans relief particulier la visite toute proche du président des États-Unis.
Les informations de la première chaîne russe n’ont pas mentionné dimanche la visite de Barack Obama dans les titres principaux, mais ouvert le journal avec une exhortation prolongée de Dmitri Medvedev à économiser l’énergie. La station rivale a fait sa une de la mort d’un chanteur folklorique. "Il faut jouer la discrétion pour montrer le respect de la politique américaine pour la politique russe", explique un agent d’influence américain à Moscou.
Garry Kasparov en revanche, a mis tous ses espoirs dans la proposition de Barack Obama de tenir une réunion, et pense que Washington ne croit plus nécessaire de dissocier les questions de la démocratie et des droits de l’homme avec celles de la diplomatie.
