La rencontre des mots pourrait être due au hasard objectif, ou à la subjective étreinte de la raison, ou à la connaissance des contraires qui font alliance de vérité, ou à l’harmonie décapante des sons, ou à toute autre volonté d’effleurer l’insondable. A tout cela peut-être. Mais plus encore à la richesse de l’expérience humaine d’où émergent la profondeur des ombres et des silences, et cette fusion du point sublime.
La lecture de ce livre se fait limpide, aussi claire qu’une eau de roche dont les molécules recèlent plus d’atomes qu’on ne saurait compter. Ainsi la poésie de Philippe Jones comporte-t-elle d’innombrables efflorescences ; et de deux mots peuvent naître une descendance incalculable d’échos et sensations.
Inutile par conséquent de vouloir interroger ici tel ou tel poème. Ce serait étioler ou trahir. Mieux vaut faire comprendre combien la richesse appartiendra au lecteur qui saura ouvrir.
Et combien celui qui passera sans s’arrêter, sans le savoir, jettera des soleils dans l’eau.
Seulement, donc, ces quelques vers :
« l’oiseau déclarait le soleil
à la pointe de l’arbre
là tout est poème ou qui-vive
là chaque signe en suit un autre
la phrase y porte écho
un texte unit toute rencontre
le sujet se révèle au tremblé de l’écrit »
