BENSALEM ZERNOUH, L’HUMBLE SENIOR DU SPORT FRANÇAIS

BENSALEM ZERNOUH, L'HUMBLE SENIOR DU SPORT FRANÇAIS

Bensalem Zernouh habite la ville de Fumay, dans la pointe des Ardennes. Il est retraité, depuis déjà quelques années, ce qui ne l’empêche pas du tout d’être super actif et même sportif de haut niveau. Il a maintes fois fait la une du Journal "L’Union-L’Ardennais" pour ses exploits. Pendant que certains s’endorment dans de moelleux fauteuils en regardant l’Inspecteur Derrick et que d’autres jouent à la belote dans des cafés tout en buvant de la bière ou du vin, Salem (c’est le diminutif de son prénom) écume les routes de France ou d’ailleurs et pratique de savants Katas au Katana ou au Tanto sur les tatamis Ardennais, Picards, Belges ou du Nord et du Pas-de-Calais.

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Les pieds de Salem ne comptent plus les milliers de kilomètres parcourus sur des rubans de bitume et partout où ses marathons l’entraînent, ni même les brûlures ou les retournements d’orteils survenus sur des tatamis plus ou moins accueillants.

Bensalem Zernouh est arrivé un jour par bateau, de son Algérie natale, pour offrir son courage à la France. Tout d’abord ardoisier, il travailla quelques temps au fond de la mine et suffisamment pour être atteint de silicose. C’est à la Fonderie "Bidez & Haller" de Fumay qu’il décida de poursuivre sa carrière professionnelle en travaillant dur, dans la sueur, la pollution et la chaleur extrême. Dans le même temps, il rencontra la belle Maud et ne tarda pas à fonder un foyer sur cette terre d’Ardenne qu’il aime tant. La famille s’enrichit de deux garçons et de deux filles, avec Renald qui passa par la Légion Étrangère pendant 5 ans avant de devenir Policier au GIPN, Thierry qui est Professeur de Sport, Malika qui était Fonctionnaire de Police et Fadila qui est Infirmière. Aujourd’hui Salem est l’heureux Grand-Père de plusieurs petits-enfants.

Salem est l’exemple type de l’intégration réussie. Il n’a jamais voulu habiter une cité, pour préserver l’éducation de ses enfants, préférant sacrifier une bonne partie de son modeste salaire pour s’installer dans une petite maison fumacienne... on voit le résultat avec les brillantes carrières de ses enfants !

Un froid matin de sa belle retraite, Salem décida de se mettre au sport, après avoir échappé à une mort annoncée suite à un gravissime accident de travail à l’usine. Peu avant sa retraite, il tomba et vint s’embrocher l’abdomen sur des morceaux de ferraille. Il commença par courir un petit kilomètre, avant de tousser, cracher et vomir tout ce qu’il avait en lui. Mais avec sa volonté de fer et son entêtement, il ne s’arrêta pas là et voulu dépasser cet échec. C’est en poursuivant ses efforts qu’il se mit soudainement à courir, comme Tom Hanks dans "Forrest Gump", pour ne plus jamais s’arrêter. Les marathons de Sedan à Charleville, ceux de Paris, New-York ou Bruxelles n’eurent plus de secrets pour lui. Non content de ses exploits routiers, il entreprit de suivre ses enfants jusqu’au Dojo de Haybes, dans la ville voisine de Fumay. En Judo Ju-Jitsu il a voulu gravir tous les échelons de la ceinture blanche à la ceinture noire, mais c’était mal le connaître que de croire qu’il allait se contenter du 1er Dan... puisqu’il est aujourd’hui ceinture noire 4ème Dan.

Salem est toujours resté très simple et plein d’humilité, aidant les autres et les écoutant. C’est un vrai "Sage" qui vit pleinement le Code d’Honneur des Artistes Martiaux, au travers du Bushido, comme une seconde nature.

Tous les jours, Salem avale les kilomètres qui le maintiennent en excellente santé. Il y a quelques années en arrière, il s’est rendu à deux stages de Ju-Jitsu en courant de Fumay (08) à Hirson (02) en quelques heures et de Fumay à Montpellier (34) en un peu plus d’une semaine... arrivant sur le tatamis plus frais que certains pratiquants venus en voiture.

Salem se fait plaisir et rassemble, derrière ses baskets, quelques adeptes qui essayent de le suivre en dépassant la douleur des premiers kilomètres. Il est devenu, au fil du temps, un modèle local à suivre pour de nombreux sportifs et pour la jeunesse.

le 10/11/2008
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5 Messages

  • 11 novembre 2008 00:17, par Molzer

    Très bel hommage pour ce véritable héros. Moi ce que je retiens surtout de Salem c’est son courage et sa très grande gentillesse. maintenant j’avais halluciné quand j’ai vu le bonhomme courir aussi longtemps et enchainer juste derrière en refaisant des arts martiaux, quand moi j’aurais craché mes poumons depuis longtemps alors que je suis jeune. c’est surtout un homme de cœur. Oui il est l’exemple même de l’intégration, comme quoi on peux être issu de l’immigration et s’en sortir et même devenir la fierté de toute une région.
  • 25 novembre 2008 19:53, par renald

    bonjour Philippe
    Je te remercie d avoir écrit cet article, mon pere meme s il préfere pratiqué sans lumiere a été ravi et surtout trés honoré que ce soit toi qui le rédige.
    merci de la part d un gars du gip
    R
    • BENSALEM ZERNOUH, L’HUMBLE SENIOR DU SPORT FRANÇAIS 8 décembre 2008 20:32, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

      Salut Renald, je pense que ton père mérite bien qu’on lui consacre un petit article dans notre journal. Ses performances et sa discrétion font que j’ai toujours admiré cet homme... et je pense que certains sportifs, imbus de leurs personnes, feraient bien de s’inspirer de ton père qui est dans la droite ligne du Baron Pierre de Coubertin. Tu as visiblement hérité de cette belle simplicité et je te félicite pour ton courage. A bientôt l’ami !
  • 3 décembre 2008 16:36

    Salut philippe,
    Trés flatté par ton article sur mon père.
    N’hésite pas à me contacter quand tu passeras dans les Ardennes.
    Amitié et prospérité
    Thierry Z.
    • BENSALEM ZERNOUH, L’HUMBLE SENIOR DU SPORT FRANÇAIS 8 décembre 2008 20:35, par Philippe CHAUVEAU-BEAUBATON

      Salut Thierry, j’étais dans les Ardennes ces derniers jours mais je n’avais pas lu ton message avant de partir. La prochaine fois je prends contact avec toi... c’est promis ! Bien à toi.