Les Va-t-en-Guerre néo-conservateurs avouent leur Erreur en Irak

Les Va-t-en-Guerre néo-conservateurs avouent leur Erreur en Irak

À l’heure où l’accord sur la présence à long terme des troupes américaines en Irak est plus ou moins bouclé, des promoteurs de l’invasion du 19 mars 2003 prennent la parole pour reconnaître que les États-Unis ont commis de nombreuses erreurs en décidant l’ouverture des hostilités avec le régime de Saddam Hussein, puis en gérant un conflit mal engagé…

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L’hebdomadaire allemand Die Zeit revient sur la stratégie des néo-conservateurs américains pour restaurer la démocratie en Irak et publie les observations de plusieurs membres de l’administration sous le 1er mandat de George W. Bush, remettant en question l’opportunité d’y livrer bataille, puis d’y installer une force d’occupation dont personne aujourd’hui ne voit plus de perspectives à brève échéance.
C’est ainsi qu’un accord entre Bagdad et Washington sur la présence militaire américaine à long terme en Irak, en phase finale de négociation, prévoit le maintien des GI’s au moins jusqu’en 2011, mais des États-Unis demeurent réticents à fixer un calendrier de retrait contraignant et refusent d’autoriser l’Irak à juger ceux de leurs soldats en stationnement qui seraient convaincus de crimes.


Les États-Unis estiment que l’accord ne pourrait être modifié que de manière marginale, a indiqué mercredi la porte-parole de la Maison-Blanche. Nous n’avons pas claqué la porte, mais elle est plus ou moins close, a déclaré mercredi Dana Perino, alors que le gouvernement irakien a indiqué qu’il souhaitait apporter des changements à cet accord négocié pendant plusieurs mois, toute modification serait une barrière difficile à franchir pour les négociateurs américains, a-t-elle ajouté.


C’est le moment qu’ont choisi l’ancien secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz et Richard Perle, un ancien conseiller du Pentagone, pour revenir sur leur propre enthousiasme à dégommer Saddam Hussein six ans plus tôt. Avant l’invasion américaine de l’Irak en 2003, nous ne connaissions pas l’ennemi, a déclaré Paul Wolfowitz, ajoutant que le gouvernement américain n’avait pas la moindre idée de la guerre insurrectionnelle à laquelle il devrait ensuite faire face et qui, selon lui, avait été préparée de longue date par le régime baassiste. Nous voulions être les libérateurs, mais après 5 ou six 6 mois, nous sommes devenus la puissance occupante et la cible, a estimé pour sa part Richard Perle !


Le premier a dû s’éloigner du département de la Défense pour présider la Banque mondiale en mars 2005, à cause justement de l’opposition presque unanime dans la conduite des affaires militaires. Un scandale à caractère sexuel lui a ensuite valu de renoncer à ses nouvelles fonctions le 17 mai 2007… Catalogué comme un des plus radicaux des néo-conservateurs, il est chargé après les attentats du 11 septembre 2001 de trouver les justifications juridiques de l’invasion de l’Irak et est considéré comme le principal responsable des déconvenues de l’armée américaine notamment dans sa recherche des armes de destruction massive.


Richard Perle est souvent perçu comme le principal responsable, avec Paul Wolfowitz, de la politique américaine en Irak à partir de 2002. Il militait pour son invasion du fait que Saddam Hussein était affaibli, mais demeurait dangereux pour la sécurité des États-Unis parce qu’il possédait des armes de destruction massive qu’il pourrait distribuer à des terroristes. Perle pensait qu’il suffirait de 40.000 soldats pour venir à bout du régime irakien. Le 9 mars 2003, le journaliste Seymour Hersh accuse Richard Perle dans The New Yorker de conflit d’intérêt et d’accointance avec une entreprise d’armements israélienne ainsi qu’avec une société liée aux préparatifs de l’invasion de l’Irak.


Après l’invasion de l’Irak et la victoire militaire, vinrent les attaques de la résistance irakienne, qu’il qualifie d’actes désespérés commis par une minorité nostalgique de Saddam Hussein. Je n’aurais jamais imaginé que nous allions faire du si mauvais replâtrage en Irak, reconnaît-il aujourd’hui dans le magazine allemand…


Le 27 mars 2003, juste après l’invasion de l’Irak par l’armée américaine, Paul Wolfowitz soutenait à des membres du Congrès que les revenus du pétrole irakien, estimés entre 50 et 100 milliards de dollars, permettraient la reconstruction du pays à brève échéance. C’est peut-être la tâche à laquelle s’est attelé son compère Richard Perle en s’impliquant récemment dans un projet d’exploration pétrolière en Irak et au Kazakhstan. Il mène en ce moment des négociations avec les autorités du Kurdistan.


Tous s’accordent à dire aujourd’hui qu’ils n’avaient qu’une influence limitée dans la campagne militaire du printemps 2003 : nous n’avions pas grand-chose à dire. C’est Rummy qui prenait toutes les décisions, déclare Richard Perle à l’hebdomadaire allemand. Le 3 ème homme, le responsable, c’est Donald Rumsfeld, l’ancien directeur du Pentagone, remercié le 8 novembre 2006, mais lui n’a plus pipé mot depuis.

 

 


Leur guerre a trop duré sans rien offrir d’utile
À leur peuple ou à ceux qu’ils ont vite envahis,
Cinq ans ont juste ouvert de grands yeux ébahis
Pour concéder au monde une erreur peu subtile.


Pour la paix, le terrain n’est toujours pas fertile,
Ce conflit tourne à l’aigre alors que leurs spahis
Font plus de mal à s’y combattre aux deux pays,
Que le bon sens commun qu’ils ont jugé futile !


Un pacte inepte et niais laisse ouvert un débat,
Au cas contraire, il reste à suivre un vain combat ;
Hélas, leur main est leste et leur cœur est cupide.


S’ils ont ouvert la porte à leurs nombreux profits,
Ils ont beau jeu d’avoir tous fait un choix stupide :
À l’ombre, ils pourront être à bas bruit déconfits…

 

le 23/10/2008
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