Pas facile de mettre un terme au 35 heures… Les parlementaires sont aux prises avec un véritable casse-tête chinois, et comme en juin pour la défiscalisation des heures supplémentaires, on évoque déjà une usine à gaz pour le rachat des jours de réduction de temps de travail, même dans les rangs de la majorité. Le texte est dans les mains expertes de Frédéric Lefebvre et de Jérôme Chartier, deux députés quarantenaires proches du chef de l’État et spécialistes des dossiers compliqués… Le fait est que le premier gouvernement Raffarin avait déjà réalisé plusieurs aménagements des lois de Martine Aubry, au point que les dispositifs s’empilent à présent de telle manière qu’il sera malaisé désormais de savoir combien de temps il reste à travailler ou de prévoir ce qu’il y aura sur la feuille de paye à la fin du mois… le Parti socialiste a décidé de laisser courir, et de ne pas s’opposer à un texte dont il doute de l’efficience auprès des entreprises, tandis que le député Hervé Mariton est le seul à demander de faire table rase du passé, ce qui veut dire une suppression nette, claire et tranchée des 35 heures. Pas sûr que ses collègues soient très chauds pour appuyer cette idée à quelques jours de noël, mais l’usine Continental de Sarreguemines, à la frontière allemande, l’a mise au vote auprès de ses salariés. Sommés de choisir entre délocalisation et retour au 40 heures hebdomadaires, 96% des cadres et 69% des ouvriers ont préféré rester travailler plus. À noter cependant, les ouvriers, plus concernés a priori par une meilleure rémunération, ont été moins enthousiastes que la maîtrise !