C’est la folie en Italie, où l’on feint de découvrir comment Silvio Berlusconi manipulait les media à la tête du gouvernement italien.
Le quotidien La Repubblica, de Gauche, a publié mercredi le compte-rendu des écoutes téléphoniques mettant en cause des responsables de la RAI dans le cadre d’une enquête judiciaire. On pouvait y lire le détail des menus services que sa responsable de la programmation Deborah Bergamini, et son directeur général Flavio Cattaneo, rendaient au cavaliere en l’informant des initiatives de ses concurrents, voire en retardant l’annonce de résultats électoraux défavorables. La manipulation de l’information n’étonne plus personne en France, depuis longtemps.
Les manœuvres dilatoires de Silvio Berlusconi y trouvèrent un écho complaisant, offrant au citoyen français une excellente occasion de se détourner de ce qui a lieu sur le pas de sa porte. À vrai dire, la presse française est passée maître dans l’art de devancer les désirs du pouvoir en place, et le jeu de chaises musicales qui se produit depuis la rentrée de septembre n’émeut personne, pas plus que l’acharnement médiatique sur l’ancien chef de l’État, inculpé de détournement de fonds publics.
La roche tarpéienne est près du Capitole et un bon journaliste a le devoir de se tenir du côté du manche.