Nicolas Sarkozy l’a confirmé aux maires de France, le train de réformes qu’il conduit ne s’arrêtera pas, et il a même employé la formule de Maurice Thorez : il faut savoir terminer une grève lorsque commence le temps de la discussion.
Le chef de l’État avait peut-être oublié que cette phrase, étonnante dans la bouche d’un leader communiste, avait été prononcée alors que les accords de Matignon scellaient des avancées sociales impensables avant les élections qui ont portées le Front populaire aux affaires, instituant la semaine des 40 heures et les congés payés, d’importantes hausses de salaire… Maurice Thorez, par ailleurs, ne participait pas au gouvernement Blum et ne lui apportait alors que le soutien du Parti communiste.
La situation, aujourd’hui, est fort différente : le gouvernement est aux manettes depuis 6 mois, les réformes entreprises se bornent à des colmatages pour les comptes publics, et les cadeaux fiscaux présentés pendant la campagne présidentielle n’ont pas encore eu d’impact sur la croissance, et la question essentielle du pouvoir d’achat demeure. Le chef de l’État devrait s’exprimer sur le sujet avant le week-end, mais les marges de manœuvre sont étroites.
On se souvient que le gouvernement Balladur avait rapidement proposé une prime de 5.000 francs pour ceux à qui manquait un peu d’argent pour acheter un véhicule neuf, et la mesure avait apporté une bouffée d’oxygène à l’économie française… Ministre du Budget à l’époque, Nicolas Sarkozy pourrait s’en souvenir.