Pour justifier la nouvelle assignation à résidence de Benazir Buttho, le chef de la police de Lahore où elle réside, a fait part d’une menace d’attentat-suicide imminente et des plus graves, spécifiquement dirigée contre elle. L’ancienne chef du gouvernement pakistanais de 1988 à 1990 et de 1993 à 1996, de retour dans son pays en vue de partager le pouvoir avec le général-président Pervez Musharaf, à l’instigation de l’administration Bush, avait l’intention de prendre mardi la tête d’une marche processionnaire de trois jours vers la capitale Islamabad, qu’elle avait appelée sa longue marche… La ficelle des autorités pakistanaises est grosse, d’autant plus qu’elles ont déjà interdit cette manifestation populaire qui prend tous les aspects d’un coup de force contre un chef de l’État vacillant, mais la menace d’un attentat est bien réelle, car les musulmans radicaux ont tout lieu de s’en tenir au lent pourrissement d’un régime à l’agonie, plutôt que d’assister à un compromis duquel ils sont évincés.