Le premier objectif de Laurence Parisot ne fait pas mystère : mettre à la porte un opposant, voire concurrent, c’est de bonne guerre… mais à l’heure où le gouvernement se retrouve aux prises avec un reste de contestation sociale, usagers des transports en commun, pouvoirs publics et patronat ont grâce à Denis Gautier Sauvagnac une bonne opportunité pour en finir une bonne fois pour toutes avec la chienlit des bras croisés. Tout comme Nicolas Sarkozy avant le bras de fer de jeudi, Laurence Parisot garde la tête froide : certains utilisent le mot crise, c’est moins une crise qu’une convulsion qui va permettre d’accoucher d’autre chose, allant vers la modernité et l’ouverture ! Reproche-t-elle à DGS d’avoir dilapidé l’argent des patrons ? Point : il lui est fait grief de fluidifier les relations sociales et le Medef n’a jamais connu de soucis d’argent, contrairement aux syndicats ouvriers qui tirent toujours le diable par la queue. Comment sont-ils financés ? Les assurances Axa ont signé en 1990, un accord instituant un bon de financement syndical remis par l’entreprise à tous les salariés, pour qu’ils le remettent aux syndicats individuellement. En 2000, le montant total de cette enveloppe s’élevait à un million d’€uros, mais seuls 500.000 €uros ont toutefois été distribués aux syndicats. Des subventions sont aussi distribuées par la Poste ou France Télécom. Annick Coupé, du syndicat SUD admettait alors que son syndicat recevait 300.000 francs par an de la Poste et 650.000 de France Télécom. Quant au groupe Casino, il déboursait à l’époque 2,7 millions de francs par an pour les syndicats présents dans ses filiales. Mais ces largesses sont insuffisantes, et il ne fait pas de doute qu’un projet de loi pour assurer la transparence du financement des syndicats posera moins de problèmes au Medef qu’aux centrales qui, ensemble, regroupent seulement 8% des actifs !