Le MAGue : Vous avez fréquenté Nicolas Sarkozy au Conseil municipal de Neuilly pendant 20 ans, diriez-vous que c’est un homme ouvert d’ordinaire ?
Lucienne Buton : Nicolas Sarkozy n’est pas un homme ouvert, sauf pour ce qui l’intéresse ; il n’est pas du tout à l’écoute des autres. Ce n’est qu’à partir de son 2ème mandat qu’il a commencé à ouvrir les commissions à l’opposition, sans toutefois leur donner de responsabilité… les dossiers arrivant sur la table ficelés d’avance. À mon avis, c’est ainsi qu’il procède avec les ministres.
Le MAGue : Connaissez-vous David Martinon, son porte-parole qu’il s’est proposé de présenter comme tête de liste aux élections municipales à Neuilly ?
Lucienne Buton : Non, je l’ai vu pour la première fois lundi à la télévision. Il n’habite pas Neuilly. Je ne voudrais pas être à sa place : je suis une femme libre.
Le MAGue : Quelle est d’après-vous l’idée de Nicolas Sarkozy ?
Lucienne Buton : Lorsqu’il dit qu’il veut assurer la suite de la mairie, ce n’est pas vrai puisque sa suite est déjà assurée par Louis-Charles Bary. Il impose un candidat qui sera à ses ordres.
Le MAGue : Ce parachutage correspond-il à son tempérament ?
Lucienne Buton : C’est sa manière de fonctionner.
Le MAGue : La présentation de David Martinon aux électeurs de Neuilly a provoqué un tollé, n’est-ce pas ?
Lucienne Buton : Les journaux disent que ça va diviser la droite, mais elle se mettra d’accord pour former un Conseil municipal UMP. Il y aura plusieurs listes, mais c’est de l’affichage : nous avons déjà connu cela à Neuilly.
Le MAGue : Cette idée vous paraît-elle compatible avec sa stratégie d’ouverture ?
Lucienne Buton : Ce n’est pas de l’ouverture que d’amener son correspondant privé pour diriger le conseil municipal. C’est tout le contraire !
Le MAGue : Qu’en pensez-vous dans votre section ?
Le Parti socialiste ne peut pas être d’accord avec ça. Il s’agit du président de la République, c’est le fait du prince.
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