Des droits fondamentaux sont en jeu, il n’est pas question qu’ils soient bafoués au nom de la protection des intérêts financiers, a déclaré le nouveau patron de l’AFP pour justifier le boycott de la coupe du monde de rugby qu’il a lancé avec ses confrères de Reuters et de AP. Les trois grandes agences de presse, qui fournissent une grande partie les journaux, les radios et les télévisions en contenu de toute nature, se sentent floués par la décision de l’International Rugby Board de limiter à 50 clichés et 3 minutes d’extrait vidéo par match ce que leurs reporters auront le droit de transmettre, et de rétrocéder les droits d’auteurs afférents à leur production. Pour l’IRB, qui dénonce une campagne de désinformation, organiser la coupe du monde représente un investissement de 30 millions de Livres par an, des accords ont été négociés avec 4.000 médias dans 200 pays, et il n’y a pas de raison pour que d’autres y participent sans la moindre contribution. Roselyne Bachelot et Christine Lagarde ont immédiatement tenté de ramener tout le monde à la raison, en appelant à un accord satisfaisant pour tous. Il est vrai que ce genre d’occasion est assez rare, et le nouveau pouvoir espère bien en tirer tous les bénéfices en France, en terme de chiffre d’affaire induit comme en image et en émotions fortes, dans un grand élan de patriotisme. Et là, il ne faut pas que les Bleus soient dans le noir !