La Guerre froide est-elle à l’ordre du jour ?, le porte-parole du secrétariat d’État à la Défense a finalement admis qu’un bombardier B-52 a survolé le territoire des Etats-Unis vendredi dernier, avec des missiles à têtes nucléaires dans ses soutes. Le général Michael Moseley, de l’US Air Force en avait averti Robert Gates et a ouvert une enquête. Le bombardier avait décollé de la base de Minot, dans le Nord Dakota pour rallier celle de Barksdale, en Louisiane. L’affaire a fait grand bruit au Congrès, où les spécialistes s’interrogent : il n’y a pas d’autre issue possible que la sécurité et l’utilisation à bon escient des armes nucléaires ; le peuple américain, nos amis et nos adversaires potentiels doivent être assurés que le standard le plus éminent est mis en œuvre lorsqu’il s’agit de notre arsenal nucléaire, s’exclame Ike Skelton à la Chambre des Représentants. En effet, les B-52 sont de vieux avions, conçus au lendemain de la seconde guerre mondiale, se sont illustrés pendant la guerre du Vietnam, et sont encore utilisés pour des bombardements conventionnels et les patrouilles maritimes… On en a vu voler pendant la guerre du Golfe, puis au Kosovo, on en voit encore en Irak aujourd’hui. Mais l’utilisation des B-52 comme vecteur de l’arme nucléaire a été abandonnée en 1994, après les accords START. En fait, dans cette histoire, il existe une similitude étonnante avec la décision russe d’envoyer de nouveau les vieux Tu-95 Bear en patrouille de part le monde à partir d’aujourd’hui. Pour autant, le commandement de l’aviation stratégique a prétendu qu’ils n’emporteraient que des munitions d’entraînement. Les Bear en question sont basés à Vorkouta et Tiksi. Vladimir Poutine a relancé le programme de vols stratégiques dans sa récente offensive de gesticulation : En y renonçant en 1992, la Russie a créé elle-même un vide qui a été tout de suite rempli par les Etats-Unis. George W. Bush, qui a servi en tant qu’aviateur pendant la guerre du Vietnam, mais dans la Garde nationale au Texas, a dû se dire : des vieux fers à repasser, moi aussi j’en ai plein, et tant qu’à les faire voler, je peux y arriver aussi !