Le cargo suspect d’avoir abordé le Sokalique au large d’Ouessant dans la nuit de jeudi à vendredi est à Brest, aux mains des Affaires maritimes et de la police judiciaire. Ceux qui ont tiré des bords en Manche ont tout de suite compris qu’il s’agit d’un accident tragique, où la négligence le dispute à la forfanterie… Combien de fois ai-je remarqué les chalutiers foncer en direction du port, tout en conservant leurs marques de pêche ? Les 6 marins rescapés donneront assez vite une version plausible pour justifier de leur activité au moment de la collision, mais pas un professionnel de la mer ne croira qu’ils déposaient des casiers dans les parages du Rail d’Ouessant. Ce chenal qui fut mis en place afin d’éviter une situation par trop confuse avec l’accroissement du trafic maritime lié au pétrole est une autoroute où les navires les moins manœuvrables au monde se suivent à intervalle régulier : celui qui le suit ne doit changer de cap que pour s’en écarter, celui qui se met en tête de le traverser a intérêt à bien calculer son coup. En revanche, il est une règle d’or en mer, imprescriptible, qui intime à tout bâtiment de porter secours au navire qui réclame assistance. En fonction du volume du trafic sur zone, les accidents de ce type sont assez rares, quatre depuis le début de l’année, mais l’occasion nous est ainsi donner de faire un petit rappel des règles de barre et de route :