Besoin de transparence ? Pour Denis Robert, grand amateur de meccano type ClearStream : on est dans la simulation ! Ainsi qualifie-t-il en exclusivité pour Le MAGue la posture adoptée par les différents acteurs des milieux politico-financiers pour réagir au jeudi noir, celui du 16 août 2007, qui leur a fait très peur, en souvenir évidemment du krach boursier du 24 octobre 1929. De Nicolas Sarkozy, qui souhaite améliorer l’efficacité de nos systèmes d’alerte à Jacques Attali, qui estime que le système est comme un drogué en manque, tous les initiés connaissaient la fragilité des marchés depuis plusieurs mois, mais si l’on insiste aujourd’hui sur la bulle immobilière aux États-Unis, on feint d’ignorer que la place de Paris est à New-York depuis 6 mois et que la moitié des valeurs du CAC-40 est détenue par les fameux hedge funds domiciliés dans des paradis fiscaux, qui ont spéculé à loisir sur ces titres hypothécaires aujourd’hui mis en cause, en les traitant avec l’entremise de chambres de compensation telles que ClearStream, au Luxembourg. Ce jeu dangereux se traduit par un excès d’épargne et paradoxalement, un manque de liquidités, la spéculation et l’absence d’investissement, avec à terme, la dépréciation des valeurs industrielles et un risque avéré de prédation sur les plus belles entreprises, en particulier françaises. Le retour de bâton ne se fera pas attendre, car la tendance est déjà au repli sur les valeurs-refuge et les monnaies, prélude à une spirale infernale avant le maelström fatal… Si le Conseil constitutionnel a retoqué la loi sur les crédits d’impôts accordés aux souscripteurs d’emprunts immobiliers jeudi, ce n’est pas seulement un hasard, mais une mesure de précaution pour éviter que la charge d’une embellie sur l’immobilier n’incombe à l’État, qui se prépare à serrer la vis. Celui-ci, en cas de désastre financier, doit se prémunir de toute fuite intempestive avec en point de mire une injonction désagréable du FMI.