Les auditions de Bernard Kouchner à l’Assemblée nationale et au Sénat par les commissions des Affaires étrangères et européennes ne se sont pas bien passées au sujet des conséquences de la libération des infirmières bulgares en Libye. Pour André Vallini, il a répondu d’une façon très évasive, très approximative aux questions des parlementaires socialistes, alors qu’un quotidien du soir faisait sa Une sur les différents marchés civils et militaires passés entre les deux États longtemps brouillés par plusieurs attaques terroristes dans les années ’80. À propos des contrats d’armement conclus, François Hollande n’a pas de mot trop fort pour qualifier la conduite au Quai d’Orsay de son ami de la veille : le pire, c’est qu’il ignorait tout de cette affaire, supposant que les détails avaient été réglés depuis un bon moment par les seuls services de l’Élysée. Or, de ce côté de la Seine, on fait aussi profil bas : la sobriété du démenti apporté par l’Elysée tranche avec la logorrhée habituelle de Nicolas Sarkozy et alimente le trouble autour d’une affaire qui prend des proportions inquiétantes en France, comme en Europe, renchérit le 1er secrétaire du Parti socialiste. Jeudi soir, sentant le vent du boulet, la présidence a fait un communiqué par la voix de son porte-parole. Et Bernard Kouchner, lâché en pleine campagne, apprend le B-A Ba du métier de ministre en dépit de son expérience au sein des gouvernements socialistes. Pourquoi les officiels libyens ont-ils jeté de l’huile sur le feu ? Pour le site Web d’informations Rue89, des contentieux demeurent entre les deux pays, aiguisés par la rivalité entre chiraquiens et sarkozystes au cours de la précédente législature. Bernard Kouchner, venu d’ailleurs, n’était pas au fait de ces arcanes, et se retrouve à présent en culotte courte. Est-ce si grave ? Après tout, les prévisions météo sont clémentes, et c’est bientôt les vacances…