L’élection de Pierre Jeantet à la tête du directoire du groupe Le Monde il y a un mois presque jour pour jour sonnait la fin de la politique de croissance externe que Jean-Marie Colombani a menée pendant 12 ans pour dissimuler le déficit chronique du quotidien de référence. On se souvient d’ailleurs que ce sont d’abord les représentants des acquisitions (Le Midi Libre et La Vie) qui lui ont refusé leur confiance, suivis par ceux d’une rédaction apeurée par sa fuite en avant. Des négociations se sont engagées très vite avec Lagardère Active Média pour la cession du pôle sud en gestation cher à Jean-Marie Colombani, mais dont la digestion au sein d’une entreprise en déshérence était toujours un problème. Par ailleurs, Arnaud Lagardère avait engagé de son côté des tractations avec le groupe Hersant qui fait un retour sur la scène de la PQR après une dizaine d’années de repli. Les titres en cession étant justement ceux qui devaient composer le fameux pôle sud avec Le Monde, il n’était plus question à la mi-juillet de vendre Le Midi Libre à leur partenaire. C’est finalement avec Sud Ouest que Pierre Jeantet a choisi de traiter, un groupe qu’il connaît bien, puisqu’il a dirigé le quotidien aquitain de 2001 à 2006. Pour remplacer Jean-Marie Colombani à la présidence du directoire du journal Le Monde, il s’opposait à Bruno Patino sur des choix stratégiques de cessions d’actifs. Pierre Jeantet souhaitait vendre la filiale PVC avec La Vie et Télérama, dont est issu Bruno Patino, qui lui, préférait se défaire du Midi Libre… Le premier a composé avec le second en adoptant ses préférences, il n’est pas exclu que son vice-président lui rende sous peu la pareille.