Ulrich Mühe, originaire de l’ex-RDA, est décédé à Walbeck, près de Leipzig (Est), la localité où réside sa mère et où il a été inhumé dès mercredi, a indiqué à Bild le maire de cette ville Brunhilde Vucke.
L’acteur avait été opéré de l’estomac peu de temps après son retour de Los Angeles, où il était allé recevoir en février, avec l’équipe du film, l’Oscar du meilleur film étranger pour "La vie des autres", où il tenait le premier rôle.
Né en 1953 à Grimma, une petite ville entre Chemnitz (à l’époque Karl-Marx-Stadt) et Leipzig, Ulrich Mühe apprend son métier de comédien à Leipzig, puis se fait rapidement connaître dans le milieu foisonnant du théâtre est-allemand. Il joue Johann Wolfgang von Goethe, Henrik Ibsen, intègre la prestigieuse Volksbühne de Berlin-est.
Au cinéma, on le voit à l’affiche du thriller "Funny Games" de Michael Haneke, ou dans "Amen", le plaidoyer de Konstantinos Costa-Gavras contre le silence de l’Eglise catholique pendant l’Holocauste, où il incarne un officier SS. Récemment, il avait rencontré un grand succès public dans "Mon Führer - La vérité vraiment la plus vraie sur Adolf Hitler", une comédie réalisée par le Suisse d’origine juive Dani Levy, où il jouait le rôle d’un comédien juif engagé par le Führer pour lui enseigner l’éloquence.
Mais c’est surtout avec "La vie des autres", grand succès public et critique en Allemagne et un peu partout à l’étranger, outre un Oscar à Hollywood, le film a raflé de nombreux prix, dont celui du meilleur film européen en 2006, qu’Ulrich Mühe avait obtenu une reconnaissance quasi unanime.
Devenu très célèbre "grâce" à la Stasi, Ulrich Mühe n’avait cependant pas réglé tous ses comptes avec l’ancien régime de la RDA : jusqu’à l’an dernier, un vif conflit l’avait opposé devant les tribunaux à son ex-épouse, Jenny Gröllmann, qu’il avait publiquement accusée d’avoir travaillé pour la Stasi, ce qu’elle contestait.
Jenny Gröllmann est elle-même décédée à l’été 2006, avant que la justice ne lui donne raison, post-mortem, en décembre.
