La seconde escapade de Cécilia Sarkozy en Libye a déjà fait couler beaucoup d’encre, provoqué tant de commentaires dithyrambiques ou franchement acerbes qu’il n’y a pas lieu d’en rajouter. Remarquons simplement que la 1ère dame de France n’a pas eu l’idée de s’offrir un voyage au soleil en avion présidentiel de son propre chef. Elle avait amorcé la toute dernière phase des négociations pour la remise des six personnels de santé incarcérés à Benghazi le 12 juillet, et ce ne fut pas un hasard si l’émir du Qatar était l’hôte d’honneur de son mari deux jours plus tard, au défilé militaire de la fête nationale. Elle a été chaperonnée par le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, les deux fois, et le 24 juillet, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, complétait l’aréopage diplomatique. Rien que de très protocolaire, en somme, et de l’aveu même du Président, Cécilia pourrait mener une action utile avec un problème à résoudre avant un déplacement officiel de son mari chez le colonel Kadhafi prévu de longue date, mais impossible avec cette pomme de discorde entre la Libye et l’un des États membres de l’Union européenne. Il est à Tripoli mercredi. S’il était important pour Nicolas Sarkozy d’aider la Libye à réintégrer le concert des nations, il ne l’était pas moins de montrer à la Bulgarie par un geste fort que la coopération européenne n’est pas un vain mot à l’extérieur du continent. Et si, selon lui, ce n’est pas une nouvelle forme de diplomatie, tous les moyens sont bons : ce qui compte, c’est le résultat. Cécilia se serait-elle fait manipuler, instrumentaliser ?