Après les coups de Jarnac de Nicolas Sarkozy envers ses partenaires européens, il ne sera pas facile au premier de trouver un terrain d’entente avec Angela Merkel, dont le caractère conciliant masque un tempérament bien trempé. Il accueille la chancelière allemande à Toulouse lundi matin pour faire le point sur Airbus, pour lequel le plan power 8 n’a rien réglé. Les solutions trouvées l’ont été pour réaliser des économies, mais la gabegie est surtout le fait d’un mode de gestion incohérent qui accumule les doublons et les dysfonctionnements. Allemands et Français sont partenaires à part égale au sein de l’affaire, mais travaillent chacun de leur côté, avec leurs propres outils, en suivant leurs propres procédures. Cette gestion insolite a produit la crise qui s’est révélée à l’été dernier, or depuis que rien ne va plus, les actionnaires ont hâte de jeter ce gros bébé avec l’eau du bain. Daimler-Chrysler et Lagardère ont aussi d’autres soucis en tête, et de 15% des parts chacun, ils souhaitent passer à la moitié, voire encore moins. L’État français a trouvé des investisseurs étrangers, en cherche encore, et l’entreprise a déjà cessé d’avoir ce caractère européen qui en faisait sa spécificité. Laisser les actionnaires se débrouiller seuls reviendrait aujourd’hui à livrer la société à la spéculation financière, mais beaucoup d’emplois sont en jeu, l’affaire a engrangé les succès par le passé, et last but not least, ce n’est qu’une pièce dans un grand meccano où se trouvent aussi des industries stratégiques. Il semble que les idées lumineuses pour apporter une solution viable n’aient pas encore vu le jour, et qu’un compromis provisoire ménageant une fois de plus les susceptibilités françaises et allemandes soit privilégié.