La France organise aujourd’hui une réunion ministérielle du groupe de contact élargi sur le Darfour en vue de renforcer la mobilisation internationale autour des efforts de l’Union Africaine, de l’Union européenne et de l’ONU dans la région. Y participe aussi la secrétaire d’État Condoleezza Rice, dont l’Administration est plus encline à privilégier les sanctions à l’encontre du Soudan qu’à l’envoi d’une force internationale en vue de protéger les gens qui ont fui le conflit et favoriser le dialogue entre les autorités soudanaises et les mouvements rebelles. Pour Bernard Kouchner, l’acceptation par le Soudan de la force hybride et des modalités de déploiement de cette force hybride est un élément tout à fait important, qui a donné tout son sens à la réunion du 25 juin. En reprenant l’initiative sur cette tragédie, la France a l’intention de reprendre pied sur la scène internationale, si possible avec les États-Unis. Elle est sur son pré carré africain, puisque le Tchad et la Centrafrique ont pâti des conséquences du conflit qui s’éternise au Darfour. Samedi, Le Monde a publié le témoignage d’un réfugié soudanais, Oumda Yacoub Adouma, qui raconte comment il a été amené à fuir : le Soudan veut utiliser les Noirs comme esclaves, ils ne veulent plus que des Noirs habitent là-bas. La conférence va-t-elle aussi s’intéresser à ce système d’oppression séculaire ? Déjà en 1958, Hergé avait eu l’intention d’attirer l’attention du public sur la persistance de l’esclavagisme en Afrique. Il n’avait toutefois pas osé aller au bout de son idée. Si la situation géographique de cette aventure de Tintin n’a pas été précisée dans l’album, elle avait pourtant été bien définie dans ses croquis !