Au dernier jour du printemps résonne une cacophonie institutionnalisée par le 1er ministre de la Culture en 1982. Si en réalité l’acte fondateur de cette administration est le décret du 3 février 1959 qui transfère la Direction générale des Arts et Lettres de celle de l’Éducation nationale à un ministère des Affaires culturelles de plein exercice, confié à André Malraux qui pouvait à juste titre se considérer en tant que n°2 des cabinets auxquels il a participé, la structure a connu un certain nombre d’aménagements et de vicissitudes jusqu’à l’arrivée de la Gauche au pouvoir, où Jack Lang lui a donné un lustre à la mesure de son narcissisme. En fait, de toutes les réalisations d’un gouvernement qui connaissait encore l’état de grâce, c’est peut-être la seule qui ait vraiment résisté au temps. En effet, on parlait déjà du partage du travail, mais il n’a pas osé l’appliquer, on est revenu sur les nationalisations cinq ans plus tard, et tous ses successeurs ont couru après la croissance sans jamais l’atteindre… La seule mesure qui ait résisté au temps est plutôt une exhortation à descendre faire du tam-tam dans la rue, quel que soit son talent et en toute impunité. Une telle idée ne pouvait, en France, être moins bien accueillie ! Il me souvient que Valery Larbaud prétendait qu’il était plus habile d’exciter les défauts d’autrui plutôt que d’exalter ses qualités, et finalement, ce n’était pas mauvaise politique d’inviter les gens au tapage un jour par an sur la voie publique, les authentiques musiciens des rues ayant ensuite beaucoup plus de difficultés pour exercer leur art le reste du temps.