À la campagne présidentielle zapping fait immédiatement suite une autre aux fins de renouveler l’Assemblée nationale, mais au calendrier beaucoup plus succinct, où les propos s’entrechoquent dans un débat virtuel. Ainsi, Nicolas Sarkozy est remonté sur la tribune au Havre pour demander aux Français de donner une majorité à la France pour qu’elle puisse avancer. Accueilli par le maire de la ville, Antoine Rufenacht, qui fut le directeur de campagne de Jacques Chirac en 2002, le Président a fait mardi soir un discours militant pour justifier l’ouverture et critiquer la pensée unique qu’il voit s’insinuer partout et s’opposer à tout. Il s’est placé sous les auspices des fondateurs de la République, le général de Gaulle, mais aussi Georges-Jacques Danton, pour mettre son projet pour le pays en perspective : il vous reste deux semaines pour parachever l’impensable révolution que vous avez accomplie le 22 avril et le 6 mai, agitant le spectre de la cohabitation avec son cortège de conflits larvés et de paralysie, comme aux grandes heures de la Convention. Au même moment se succédaient les ténors du Parti socialiste sur la scène du Zénith de Paris, où Ségolène Royal est repartie au combat en fustigeant le cabinet Fillon qui, selon ses mots, n’est pas un gouvernement d’ouverture, c’est un "casting" attrape-tout qui fait courir des risques au pays dès lors qu’il aggravera les inégalités et attisera les ressentiment les plus dangereux. Elle a prévu que les Français rejoindront son camp quand ils réaliseront que le bouclier fiscal c’est pour quelques-uns mais que les franchises médicales c’est pour tout le monde, et s’est présentée à l’évidence en chef de l’opposition.