La Grande Vitesse se lève à l’Est !

La Grande Vitesse se lève à l'Est !

Alors que mardi 3 avril 2007, le TGV battait son propre record de vitesse (574,8 kms/h) sur la ligne à grande vitesse est-européenne, que le 10 juin 2007 scellera la mise en service commerciale de la ligne TGV Est, et que tout le monde trouve cela normal, il faut prendre le temps de s’arrêter quelques instants pour parcourir le récit d’une des plus extraordinaires entreprises du monde moderne. Un livre en narre chaque étape.

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Trois cent kilomètres de chantier, plus d’un ouvrage d’art au kilomètre, des millions de tonnes de matériaux nécessaires, de quoi construire l’équivalent de huit tours Eiffel avec l’acier des longs rails soudés : la ligne TGV Est vous sidère par le gigantisme de son propos. On se croirait aux temps des pharaons !
Les chiffres sont sans appel : 12000 poteaux caténaires, 1200 km de cuivre, 4,5 tonnes au mètre pour le ballast, 78 000 tonnes d’acier pour 1300 km de rails, un million de traverses (2000 posées par jour) …

Dix mille femmes et hommes ont participé à l’aventure par tous les temps : maîtres d’œuvre, entreprises, architectes, spécialistes du rail, des ouvrages d’art et de l’environnement, ont fait du mythique TGV Est une réalité. Cerise sur le gâteau, les instigateurs du projet l’ont voulu innovant, européen et durable (il est garanti cent ans).
Un exemple parmi cent : la fixation des rails. Ils sont livrés en tronçons de 400 mètres, les soudeurs doivent les unifier en affinant la découpe ; pour cela ils installent un chevalet de maintien et procèdent à la soudure aluminothermique. Il s’agit d’aluminium en poudre et d’oxydes métalliques qui sont mélangés dans un creuset au-dessus des rails : la réaction chimique dégage une très haute température et se transforme en acier liquide à 1200°. Celui-ci, versé dans un moule aux extrémités, les soude en refroidissant en quelques minutes. Dernière opération : une fois le moule cassé, on remet le tout en forme à la cisaille et au meulage pour livrer un rail parfaitement lisse. Chapeau les gars !

Ce chantier est aussi un modèle de respect de l’environnement, et un laboratoire qui préfigure le langage ferroviaire de demain en matière de signalisation et de télécommunication. De même, les techniques de construction ont évolué : pour la première fois au monde, une voie scellée dans du béton supportera un train lancé à très grande vitesse. Le tracé du TGV Est restera pour longtemps encore le point de passage unique où des trains européens pourront circuler à trois cent vingt kilomètres à l’heure.

Ce livre souvenir, trace de l’action entreprise depuis début 2002, tisse un lien en images entre la Ligne à Grande Vitesse Est européenne et les territoires qu’elle traverse… Des territoires respectés et, surtout, des richesses de l’Est enfin dévoilées : celles du passé avec les découvertes archéologiques, celles du présent avec des écosystèmes étonnants et des espèces rares redécouvertes.
Le lecteur suit pas à pas toutes les étapes, de l’acquisition des terrains aux premiers tests de vitesse en passant par le terrassement, l’équipement électrique, la pose des rails …

Le 10 juin 2007 une nouvelle histoire commence. Economique et sociale. Dans l’Est et ailleurs : en France avec une nouvelle branche au réseau à grande vitesse, en Europe avec l’Allemagne qui se rapproche encore de nous grâce à la réduction des temps de transport … Le futur sera le temps des nomades. Aller dîner à Strasbourg en sortant du bureau sera possible, tout comme partir en week-end à Francfort ou Stuttgart, désormais à moins de quatre heures de Paris.

Réseau Ferré de France, La grande vitesse de lève à l’est – La LGV est européenne, un chantier d’exception, éditions Alternatives, mai 2007, couverture rigide cartonnée 275x215, nombreuses photographies couleurs, 128 p. – 25,00 €

le 29/05/2007
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2 Messages

  • 30 mai 2007 08:32, par LA VACHE VOYEUSE

    Tant mieux pour l’Est. Mais il serait préférable qu’à défaut de grande vitesse, les trains arrivent tout simplement à l’heure (en faisant voyager les passagers dans des conditions de confort normales). Ancien abonné, pendant plusieurs années, sur le trajet quotidien Sens-Paris et retour, et vivant maintenant en Normandie où c’est encore pire, je ne sais que trop de quoi je parle.
    Le "tout TGV" de la SNCF est de l’esbrouffe et du foutage de gueule ! J’ajoute que je suis assez âgé pour avoir connu l’époque où la SNCF était considérée comme un modèle de ponctualité en Europe. Ses trains (et il y en avait alors beaucoup plus !) arrivaient toujours à l’heure. Bizarre. Comme c’est étrange...
  • 28 juillet 2007 12:01, par train à grande voracité

    Peu d’ouvrages d’infrastructure de transport sont aussi dévastateurs de paysages que celui de la ligne tgv. Le train accepte peu les dénivellés et celui là traverse les reliefs sans suivre les courbes de niveau, comme le font les trains classiques en passant préferanciellement par le fond des grandes vallées. Ce qui implique pour le tgv de gigantesques terrassements pour franchir le moindre vallon.
    Je vois mal un parallèle possible, sinon hypocrite entre ligne tgv et respect de l’envirronnement.