La journée de solidarité du lundi de Pentecôte, à l’évidence, restera le Grand-Œuvre du gouvernement Raffarin, tant il apparaît inconcevable aux gouvernements suivants de mettre un terme à la pagaille institutionnelle. Tandis que 41% des actifs sont au travail, la plupart des services publics sont fermés, de même que les crèches, les écoles, les banques, ainsi que les grandes entreprises, qui ont les moyens humains et financiers pour octroyer une journée chômée à leurs employés. Au fond, pourquoi se rendre à l’usine, lorsque les départs et réceptions de marchandises ne peuvent avoir lieu ? Xavier Bertrand s’est donc mis en quatre pour défendre ce symbole du modèle français revisité par 5 ans de gouvernance UMP, mais sans enthousiasme au vu des nombreux dysfonctionnements constatés au fil des ans : il y a aujourd’hui nécessité d’avoir une évaluation du dispositif sans tabou. Si cette idée rapporte quelque 2 milliards d’euros, elle s’avère insuffisante pour financer la dépendance des personnes âgées pour lesquelles on l’a mise en place. La CFDT dénonce une mesure injuste, source d’inégalités entre salariés, FO ironise sur un nouveau travailler plus, mais cette fois pour gagner moins, et la CFTC souligne qu’il est illégal de demander un travail sans contrepartie. Quant à elles, des organisations de personnes dépendantes déplorent son caractère stigmatisant et de charité publique. Du coup, chacun, du gouvernement ou des syndicats, campe sur ses positions, et il ne sera pas facile de faire tomber ce nouveau tabou, serait-ce pour le bien de tous. La Pentecôte est donc destinée à demeurer une foirade légendaire, ce qui est cruel pour une fête religieuse où l’Esprit est censé illuminer l’esprit des hommes.