En dépit des déclarations du chef d’État du Mali, candidat dimanche à un second mandat, que son équipe de campagne a voulu dès mardi annoncer la victoire de son camp, avec un score écrasant. Après la clôture du scrutin, Amadou Toumani Touré avait cependant prévenu : je respecte mes adversaires et ce n’est qu’après la publication des résultats définitifs que nous saurons le nom du vainqueur. Populaire en raison de son action pour l’amélioration des conditions de vie dans les villages, qu’il a réussi à alimenter en eau et en électricité pour nombre d’entre eux, à cause de son combat au niveau international contre la fuite des élites à l’Étranger, le président sortant s’est engagé à construire des hôpitaux, des écoles et des routes, à augmenter les effectifs de la fonction publique et à atteindre 7% de croissance économique, et il a mené campagne avec le slogan takokelen, soit victoire au premier tour. À Bamako, Amadou Toumani Touré a rassemblé 54% des suffrages, et son principal adversaire, le président de l’Assemblée et ancien Premier ministre Ibrahim Boubakar Keita, 39%. Dans 52 des 697 communes maliennes, il a obtenu un score de 71%. Ses concurrents ont très tôt dénoncé des fraudes et annoncé qu’ils contesteraient les résultats officiels. Pourtant, les observateurs internationaux et les diplomates ont salué le bon déroulement du scrutin, qui s’est déroulé dans le calme. La consultation, en fait, n’a pas été très courue. Le soldat de la démocratie malienne s’était illustré en déposant le vieil autocrate Moussa Traoré en 1991, puis en remettant le pouvoir au peuple l’année suivante.