La prise de Bagdad le 9 avril 2003 avait coûté 96 morts à l’armée américaine. 4 ans plus tard, ce sont 3270 boys qui sont restés sur le tapis pour rétablir la paix, sans que l’on sache encore comment y parvenir. Le contre-amiral Mark Fox, porte-parole de l’US Army estime à présent que ces quatre années en Irak sont décevantes, frustrantes et sans cesse plus dangereuses en bien des régions d’Irak. C’est à l’occasion de cet anniversaire que Moktada al-Sadr a fait une nouvelle démonstration de force afin de s’imposer comme le recours face au chaos dans lequel se débat un pays qui part à vau l’eau. Plus de 15.000 Irakiens ont convergé lundi vers la ville sainte de Nadjaf pour réclamer le départ des troupes américaines du pays. La manifestation était conduite par des personnalités sunnites dans le but de montrer l’unité du peuple irakien dans l’opposition à la présence étrangère, mais surtout pour afficher la capacité de rassemblement de l’imam radical qui n’était pas présent dans la foule. Farouchement opposé à la politique américaine, son discours populiste et religieux jouit d’une audience importante dans les faubourgs nord de la capitale et dans le sud du pays, sous administration britannique. Il ne cesse de fustiger la corruption et l’incapacité du gouvernement mis en place avec l’assistance du département d’État, ce qui lui vaut une vive animosité de la part des forces d’occupation. Sa milice, l’Armée du Mahdi, s’est opposée en avril et en août 2004 au contingent américain, et pourtant, son mouvement compte 32 députés, ainsi que 6 ministres dans le gouvernement de Nouri al-Maliki. Soutenu par le voisin iranien, il apparaît jour après jour comme l’homme fort de l’Irak.