Parano dans l’porno

Parano dans l'porno

Ange Rebelli raconte dans "Sexreporter" ses souvenirs alcoolisés de journaliste au pays du zoom et gorge profonde.

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Un samedi après midi, place Pigalle, c’est le rendez-vous de la seconde Pute Pride. Putain, qui vois-je ? Ange Rebelli. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite. Il faut dire qu’il porte un masque de cochon et s’est fait une jupe avec un drapeau français. Mais il brandit un bouquin avec son nom sur la couverture. Le titre, "Sexreporter", est évident. Ses aventures, je les avait entendues, je ne serais plus privilégié. Le retrouver dans ce quartier, quoi de plus naturel ! L’assassin revient toujours…

Ange Rebelli, c’est un gonze qui vit sa vie jusqu’à l’os. Diplôme en poche, pas question de jouer au petit mecton salarié, congés payés. Pace Pigalle, il fait école : Baron pour boîtes à cul, il racole. Mais il n’est pas trop dupe, l’arsouille. Il est punk, ses héros morts le lui rappellent. Le fric, l’arnaque à fric, ça ne peut pas durer, il manquerait plus qu’il fasse carrière !

Léo Malet a fait de Nestor Burma un détective privé pour avoir un personnage qui déambule sans contrainte. Ange Rebelli s’est inventé lui-même et c’est dans le milieu du cul qu’en bon sexreporter il pique assiette. Hunter Thompson au pays du godemiché, le gentleman-julot shoote les foires pornos de Province, les boîtes échangistes de Roger et Monique. Sans jamais perdre une goutte…d’alcool. Seul ou en compagnie de mimiles associés, c’est une partie de déconnade qu’ils recherchent. Des caves d’une PME de cité aux villas luxuriantes louées sur les hauteurs de Cannes, c’est ça le circuit du porno movie. T’es sûr que t’as tout compris ou il faut que j’te répète : VADE RETRO MONDE SALARIE !

Merci Robin Cook, avec qui Ange s’était torché, mais ça c’est une autre histoire, un prochain bouquin, j’espère. Aujourd’hui c’est Sexreporter, allez donc voir sur http://sexreporter.tv.free.fr .

le 27/03/2007
Impression

3 Messages

  • 27 mars 2007 12:33, par ange rebelli

    Robin Cook est l’un des plus grands écrivains de roman noir du siècle passé.
    Britannique jusqu’au bout des ongles, grand alcoolique, grand romantique, son œuvre est d’une intensité rare. On ne ressort pas indemne de certains de ses romans, "J’étais Dora Suarez" par exemple ou "Vices privés, vertus publiques" qui raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur issu de la noblesse anglaise qui ont choisi pour échapper à l’univers concentrationnaire de leur milieu, le sexe sale de Soho et du Swinging London…
    Je l’avais rencontré en effet juste avant sa mort pour une interview. Habillé comme un paysan de l’Averyron, portant le béret basque, il était d’une élégance rare… Dans l’attitude, comme dans son écriture ! Il avait du flegmme et de l’humour… Il savait qu’il allait mourir mais il ne tenait pas à ennuyer son vis-à-vis avec ces fâcheuses considérations. Assis à la terrasse d’un bar en face de moi, il voulait profiter des derniers rayons du soleil printannier plutôt que de rester enfermé dans le bureau de son éditeur…
    Ange Rebelli.
    Citation
    Le noir, c’est raconter la mort aux vivants.
    Bibliographie
    1962 : Crème anglaise (Gallimard,1966)
    1963 : Bombe surprise (Ed.Joelle Losfeld, 1993)
    1967 : Vices privés, vertus publiques (Ed.Rivages,1993)
    1970 : Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre (Ed.Rivages, 2003)
    1971 : La Rue obscène (Rivages, 1992)
    1982 : Le soleil qui s’éteint (Folio, 2000)
    1983 : On ne meurt que deux fois (He died with open eyes) Folio n°95
    1984 : Les mois d’avril sont meurtriers (The devil’s home on leave) Folio n°130
    1986 : Comment vivent les morts (Folio n°292)
    1988 : Cauchemar dans la rue (Rivages, 1989)
    1990 : J’étais Dora Suarez (Rivages)
    1992 : Mémoire vive (Rivages) autobiographie
    1993 : Le Mort à vif (Rivages, 1996)
    1994 : Quand se lève le brouillard rouge (Rivages,1994)
    Revue Polar Hors-série dirigé par François Guérif
    Adaptations cinématographiques [modifier]
    1985 : on ne meurt que 2 fois de Jacques Deray, dialogues de Michel Audiard avec Michel Serrault, Charlotte Rampling
    1986 : les mois d’avril sont meurtriers de Laurent Heynemann sur un scénario de Bertrand Tavernier avec Jean-Pierre Marielle et Jean-Pierre Bisson
  • 28 mars 2007 10:17, par logo

    J’attends le prochain livre ! Qu’il soit un peu moins sexreporter et un peu plus Ange.
    Un ange rebelle, sensible, écorché, coincé dans ses contradictions,amoureux (c’est ce qui lui va le mieux)et toujours égal à lui même.
    la voie lactée
  • 30 mars 2007 11:10, par HPG

    JE TROUVE CE LIVRE MAGNIFIQUE DE SINCERITE ET DE COURAGE
    HPG