C’était lundi le dernier jour pour se mettre enfin d’accord sur le partage du pouvoir en Ulster. Les élections du 7 mars n’ayant évidemment pas permis de dégager de majorité naturelle au sein de ses 108 sièges, les chefs du parti unionniste DUP (28 sièges) et du Sinn Fein (36 sièges) étaient sommés par Londres et Dublin de s’entendre sur un gouvernement commun de la province, sans quoi l’assemblée locale serait de nouveau dissoute et l’aide britannique de 35 milliards de Livres sur quatre ans ne serait pas versée. On en reviendrait alors au statu quo ante du 14 octobre 2002, l’administration directe. Mais les parties ont préféré pérenniser les accords de Saint Andrews du 13 octobre 2006, après la décision de l’IRA de déposer les armes et de renoncer définitivement à la lutte armée. Le catholique Gerry Adams et le pasteur Ian Paisley ont donc vu midi à leur porte et décidé de former un cabinet d’union avec une répartition proportionnelle des portefeuilles. Le détail reste encore à mettre au point, d’ici le 8 mai prochain. D’une certaine manière, tout ce que nous avons entrepris ces dix dernières années a préparé ce moment, s’est immédiatement félicité Tony Blair, pour qui ce compromis trouvé entre les frères ennemis irlandais est une bénédiction pour finir en beauté. Cependant, l’évolution ardemment souhaitée mais tellement difficile dans les affaires nord-irlandaises n’ira pas d’elle-même, mais Londres peut compter sur le soutien de Dublin pour conserver la haute main sur l’avenir de l’Ulster.
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« Gentleman’s Agreement en Ulster »
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