Si les bourses européennes confirment jour après jour un repli amorcé en réaction à celui des places financières asiatiques le mois dernier, les entreprises françaises du CAC40 n’en paraissent pas affectées, puisqu’elles ont dégagé 97,39 milliards d’euros de bénéfice net cumulé en 2006, contre 88,21 milliards l’année précédente, et ont décidé de récompenser les actionnaires qui leur ont fait confiance en augmentant les dividendes distribués. Le pompon échoit à Total avec 11,77 milliards, suivi par BNP Paribas, 7,3 milliards et Sanofi-Aventis, 7 milliards. Les dividendes ont progressé presque deux fois plus vite que les bénéfices : Vallourec a distribué 35% de ses profits, ainsi que Accor et EdF. Or, si les résultats de ces entreprises françaises sont excellents, leurs profits ont progressé globalement moins vite que leurs concurrents européens. Ils s’expliquent par une croissance mondiale solide et par un contrôle rigoureux des coûts, mais il ne faut pas chercher les raisons de la bonne santé de ces multinationales dans l’économie française, puisque près de 60% du chiffre d’affaires des entreprises du CAC40 est réalisé hors de France. C’est la raison du coup de gueule de Laurence Parisot, la patronne du Medef, pour qui les profits du CAC40 c’est l’arbre qui cache la forêt, et appelle tous les candidats à définir des objectifs plus ambitieux plutôt que de se fonder sur une hypothèse de croissance qui paraît de plus en plus illusoire. Dans l’ensemble, entre 2000 et 2005, le taux de marge des entreprises françaises a baissé d’un point alors qu’il a progressé d’un point pour l’ensemble des entreprises de la zone euro et de quatre points pour les entreprises allemandes.