Réactionnaire ou dérive féministe ?

Réactionnaire ou dérive féministe ?

Je suis assez étonné que des personnes qui luttent à juste titre contre les discriminations et qui veulent défendre la démocratie emploient parfois des méthodes qui ressemblent trop à des méthodes staliniennes. Celles-ci consistent à condamner un livre pour propos réactionnaires en ne l’ayant que feuilleté ou en ayant regardé que le titre.

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Ensuite, parce qu’on l’a condamné, sans que, bien sur, l’auteur ait pu s’expliquer, on le met à l’écart et on évite ainsi le débat (pourtant nécessaire sur un sujet où personne ne peut prétendre détenir la vérité). Je viens ainsi d’être écarté plusieurs fois de manifestations autour du livre pour « propos réactionnaires ».

Si j’admet tout à fait que ne pas être invité n’est pas le goulag et que l’on peut très bien ne pas aimer mon livre, j’aurais apprécié que l’on fasse preuve d’un plus grand esprit d’ouverture et de dialogue. De plus, ces personnes, en agissant ainsi, ne me donnent-elles pas pourtant raison quand je dénonce le fait que la vision du monde que j’appelle « féministe » (elle s’est opposée de façon radicale à la société patriarcale traditionnelle tyrannique et machiste et nous a amené la démocratie), a tendance à devenir aujourd’hui une idéologie « féministe » qui connaît des dérives ? En effet, le propre d’une idéologie n’est-il pas de ne pas concevoir qu’elle puisse connaître des dérives et de ne pas supporter que l’on puisse avoir une position différente ? N’est-ce pas déjà une dérive ?

Mon essai n’est pas polémique mais invite à la réflexion. Le titre : « Le féminisme et ses dérives » peut, certes, faire réagir et induire en erreur un lecteur trop pressé. Celui-ci croira peut-être trouver dans l’ouvrage des propos réactionnaires.

Pourtant, le sous-titre du livre : « du mâle dominant au père contesté » et le titre de la dernière partie : « changer de direction sans retour en arrière », paraissent assez explicites. Si réagir contre des dérives signifie être réactionnaire, je suis réactionnaire comme je l’espère beaucoup le sont.

Mais il me semble qu’être réactionnaire c’est réagir contre des mesures progressistes pour revenir en arrière à des méthodes qui ne sont pas démocratiques.

Dans mon essai j’examine des dérives afin d’essayer de les éviter et pouvoir aller de l’avant.

Est-il réactionnaire (ou peut-être trop utopique) de croire qu’après la crise de société que nous traversons et que l’on peut assimiler à une crise d’adolescence, l’humanité puisse avoir le projet de cheminer vers un monde plus adulte ?

Jean GABARD auteur de : « Le féminisme et ses dérives. Du mâle dominant au père contesté ». (Les Editions de Paris, mai 2006.)

Jean Gabard sur le Net

le 08/12/2006
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29 Messages

  • 19 juin 2007 17:42, par FC

    Donner l’impression d’être censuré c’est l’unique chance que peut connaître un auteur de ton genre pour vendre.
    • Réactionnaire ou dérive féministe ? 24 juin 2007 00:07, par jean gabard

      Donner l’impression d’être censuré peut être un atout pour vendre, à condition que l’information soit divulguée, c’est à dire que l’auteur soit déjà très connu.
      "Le féminisme et ses dérives - Du mâle dominant au père contesté" est mon premier essai et personne ou presque ne connaissait Jean GABARD, il y a un an, quand le livre est paru aux Editions de Paris. Celui-ci n’a pas été censuré. Simplement, certaines personnes qui en connaissent l’existence, mais qui n’apprécient pas le titre, font tout ce qu’elles peuvent pour qu’il ne soit pas lu. Mais ceci n’est pas grave. Ce livre n’a pas été écrit pour plaire mais pour dire ce que je n’entendais pas dire par la majorité. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit critiqué par une majorité. Il me semble cependant regrettable que des personnes apparemment instruites et ouvertes et qui se disent du côté de la culture et des Droits de l’Homme puissent avoir des attitudes aussi staliniennes. Mes propos contredisent les leurs ? Oui et alors pourquoi ne pas en discuter et continuer de réfléchir ensemble ? Pourquoi ne pas chercher, au moins à les connaître, au lieu de me condamner sur ce que l’on suppose que je dis ?
      Je reçois énormément de courriers. Tous ne sont pas favorables et certains sont, dans un premier temps, assez agressifs. Après discussions, il y a possibilité de se rendre compte de nos divergences. Celles-ci tournent autour d’un "détail" ... d’une grande importance. Celui-ci est, il est vrai, extrêmement dicutable : en effet, le point qui pose problème est un postulat. Selon une grande partie des féministes égalitaristes, le garçon et la fille naissent égaux et la construction sociale créerait les différences et les discriminations. Je défends que le petit garçon et la petite fille perçoivent leur maman toute-puissante et que cela détermine une structuration du psychisme différente pour celle qui se rend compte qu’elle est du même sexe que maman et pour celui qui ne pourra jamais devenir comme elle. Personne ne peut prouver que les enfants perçoivent leur maman "toute-puissante". De même personne ne peut prouver le contraire puisque ceci se passe au niveau de l’inconscient.
      M’accuser d’être un macho, un réactionnaire, est une réponse facile, mais n’est-ce pas surtout de la mauvaise foi ? Ne serait-il pas plus honnête de chercher à vérifier, dans les situations que j’évoque dans mon livre, si ce postulat est opératoire ?

      Voir en ligne : Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté http://www.jeangabard.com

    • Réactionnaire ou dérive féministe ? 2 décembre 2007 09:27

      De mon genre ? au fait lequel ?
      le genre masculin ? celui qui a été construit par la culture de la société patriarcale ? !!!! ????

      Voir en ligne : http://www.jeangabard.com

      • Réactionnaire ou dérive féministe ? 2 décembre 2007 15:01

        Je me demandais en feuilletant ton ouvrage à la Fnac, s’il s’agissait d’une œuvre parodique. Ton optique est essentiellement psychanalytique, or tu devrais savoir que ces gens là, sont souvent naturalistes, la femme est féminine parce qu’elle est féminine, l’homme masculin parce que masculin, impossible d’amorcer un embryon de discussion avec ces gens là à ce sujet, qu’ils partent de très loin.
        • Réactionnaire ou dérive féministe ? 3 décembre 2007 18:44, par jean gabard

          Est-ce que tu n’aurais pas feuilleté un peu vite mon ouvrage ? Mon optique est historique, psychologique, psychanalytique, sociologique, politique

          Certains psychanalystes sont, il est vrai, naturalistes, de même que de nombreux sociologues sont uniquement constructivistes, mais je ne suis pas psychanalyste et sûrement pas naturaliste.
          Il me semble que la féminité et la masculinité ont certainement des origines dans la physiologie de la femme et de l’homme (comment le nier ?) Elles semblent aussi se préciser avec la structuration du psychisme et sont renforcées ensuite par la construction sociale.
          Je ne sais pas avec qui tu as essayé d’engager le débat mais personnellement je trouve qu’il est toujours enrichissant ? Il m’est pourtant arrivé d’avoir des difficultés avec certain(e)s féministes qui, ne peuvent pas concevoir que leur réaction légitime à la société patriarcale, puisse dériver pour devenir une idéologie égalitariste. Il est vrai que leur position et la mienne divergent sur la structuration du psychisme. J’avance un postulat qui comme le mot l’indique ne peut pas se prouver. J’accepte de ne pas avoir la Vérité et c’est la raison pour laquelle je m’efforce de donner des exemples pris dans la vie de tous les jours pour montrer que ce postulat n’est pas totalement idiot et même opératoire. Les féministes qui le contestent sont tout autant que moi incapables de prouver qu’il y a uniquement construction sociale.
          La différence entre eux/elles et moi, c’est qu’ils/elles me traitent de macho, réactionnaire, malade, alors que je me contente d’apporter des éléments qui ne vont pas le même sens que leur idéologie.
          Ne pas accepter la critique, condamner quelqu’un sans avoir lu ce qu’il écrit parce que l’on a pas le même postulat de départ, le traiter de dangereux ennemi de la démocratie, c’est ce que j’appelle avoir une attitude stalinienne qui est très loin de la manière dont je conçois le débat démocratique !

          Voir en ligne : http://www.jeangabard.com

          • Réactionnaire ou dérive féministe ? 4 décembre 2007 13:06

            Tu me fais vraiment de la peine. Les disparités physiques entre femmes et hommes, existent presque autant qu’entre un homme et un autre homme. En plus, tu parles d’où pour dire que ton analyses est psychanalytique, sociologique et même politique, je pense vraiment que tu te mélanges les pinceaux.
            • Réactionnaire ou dérive féministe ? 4 décembre 2007 18:44, par jean gabard

              Je ne voudrais pas te faire de la peine, mais si je peux éventuellement me tromper sur les pinceaux, je ne mélange pas les hommes et les femmes. Je suis peut-être un homme anormal mais personnellement, je ne suis attiré que par les femmes et je me trompe rarement ! Bizarre !
              Je parle ou plutôt j’écris de mon bureau et toi ?

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              • Réactionnaire ou dérive féministe ? 5 décembre 2007 19:01

                Que pense tu de la phrases de Pythaghore ? . " Il y a un principe bon qui crée l’ordre, la lumière et l’homme. Il y a un principe mauvais qui crée le chaos, les ténèbres et la femme. "
                je ne mélange pas les hommes et les femmes.
                Ni les noirs et blancs, les pauvres et riches ?
                • Réactionnaire ou dérive féministe ? 5 décembre 2007 21:59

                  Je ne suis pas d’accord avec Pythagore. Par contre je ne fais pas de confusion entre les hommes et les femmes, entre les pauvres et les riches, entre le blanc et le noir. On m’a donné des yeux pour voir la différence et je la vois sans problème. Ceci ne veut pas dire cependant que je vois des différences de valeur. Je pense qu’il n’y a pas d’égalité et qu’il ne peut pas en avoir et c’est pour cela que je suis totalement pour l’égalité en droits.

                  Voir en ligne : Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté

                  • Réactionnaire ou dérive féministe ? 6 décembre 2007 18:14, par FC

                    Ces différences ne sont pas seulement des différences mais aussi des hiérarchies. La société s’en sert pour justifier son traitement "différentiel "-en réalité inégale, hiérarchique- des groupes et des individus. Le mot est donc œcuménique. En effet une vraie différence est d’une part réciproque- un chou est aussi différent d’une carotte qu’une carotte d’un chou-, et d’autre part n’implique pas de comparaison au détriment des deux termes. Or la différence invoquée sans arrêt à propos des femmes, mais aussi des homosexuels, des "arabes", des Noirs, n’est pas réciproque, bien au contraire. Ce sont elles, eux, qui sont différents ; les hommes , les hétérosexuels ne sont "différents " de personne, ils sont au contraire "comme tout le monde "
                    Christine Delphy, l’ennemi principal 2 "
                    Rien à ajouter.
                    • Réactionnaire ou dérive féministe ? 6 décembre 2007 22:58

                      Ce n’est pas parce que la société patriarcale s’est servi de ces différences pour en faire des hierarchies que ces différences n’existent pas. A nous de sortir de ce manichéisme (pour les uns il y a différence et hierarchie et pour les autres pour qu’il n’y ait pas de hierarchie on dénie la différence) et de gérer les différences dans le respect des uns et des autres.

                      Voir en ligne : Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté

                      • Réactionnaire ou dérive féministe ? 7 décembre 2007 14:41, par FC

                        En somme la différence se pense a) dans un rapport, b) mais un rapport d’un autre type particulier où il n’y a un point fixe, un centre qui ordonne autour de lui et auquel les choses se mesurent, en un mot, un Référent. Qui est bien la réalité cachée de la différence, la signification idéologique de la différence, c’est la distance au Référent. Parler de "différence", c’est énoncer une règle, une loi, une Norme. Bref, un absolu qui serait la mesure, l’origine, le point stable du rapport- auquel le reste se déterminerait. C’est supposer, quelque part une entité immobile. Et cela revient à considérer qu’il n’y a pas d’action réciproque. C’est tout simplement le constat des effets d’un rapport de force. Il y a un grand réalisme caché dans le mot "différence" : la connaissance qu’il existe une source d’évaluation, un point de repère, une origine de la définition. Et s’il y a origine de la définition, c’est précisément que celle-ci n’est pas "libre". La définition présente pour ce qu’elle est : Un fait de dépendance et un fait de domination. " collette guillaumin, Sexe, Race et Pratique du Pouvoir P 97
                        • Réactionnaire ou dérive féministe ? 9 décembre 2007 17:17

                          Tout ceci me paraît bien compliqué !
                          Aucune entité est immobile d’accord ! Mais est-ce que ceci empêche que la nuit soit différente du jour ?

                          Voir en ligne : Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté

                          • Réactionnaire ou dérive féministe ? 10 décembre 2007 11:42, par FC

                            Les différences attribués aux sexes sont des frontières tracées par l’inégalité et non la base sur laquelle est repose. L’inégalité sociale ou politique est à mon avis fondamentalement étrangère aux notions de similitude et de différence. Les différences sont l’excuse après coup à l’inégalité, l’artefact final, le produit de l’inégalité présenté comme son origine, le dommage allégué pour justifier le fait de l’avoir causé, une fois qu’il est infligé, les distinctions que l’œil apprend socialement à voir car l’inégalité leur donne un impact en terme de pouvoir social. Ces distinctions de corps, d’esprit, de comportement, sont souvent invoquées comme des causes, et non des effets, alors que le fait même de les signaler est un effet. Catherine A MacKinnon, le féminisme irréductible.
                            • Réactionnaire ou dérive féministe ? 10 décembre 2007 14:44

                              Je me répète mais si je suis d’accord qu’il y peut encore y avoir construction sociale sexiste, il me semble que ce n’est pas parce que la société patriarcale s’est servie de ces différences pour en faire des hiérarchies que ces différences n’existent pas. Il ne faut pas nier les différences physiologiques et la différence de structuration du psychisme qui se fait indépendamment de la culture dans laquelle nous sommes plongés.
                              Il faut faire attention. Les misogynes n’acceptant pas que les femmes soient différentes d’eux, ont résolu le problème en infériorisant la différence des femmes. Aujourd’hui en niant la différence et en demandant à tous et toutes d’être semblables, nous allons vers le non respect de la différence, porte ouverte au racisme et au sexisme. Alors que les femmes étaient considérées comme inférieures, aujourd’hui les hommes sont de plus en plus accusés d’être en retard dans l’évolution, quand ce n’est pas malades. (« Vers la guérison de l’homme malade » dans XY de Elisabeth Badinter)

                              Voir en ligne : le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté Les Editions de Paris

                              • Réactionnaire ou dérive féministe ? 10 décembre 2007 18:54, par FC

                                Les différences doivent être respecter sinon, affirme tu nous sombrons dans le dogmatisme, l’idéologie ou pire ; le féminisme radical. Qu ’es ce à dire sinon que les féministes ont le droit de revendiquer à condition qu’elles ne s’affranchissent pas des lois "de nature ?" Or "les lois de nature", les différences de sexes, si elles existent, existent en tant que différence de traitement et nature de l’oppression et non oppression de la nature.
                                Christine Delphy dit " Le féminisme est d’abord un mouvement social. Comme tout mouvement social de révolte, son, existence même pose - explicitement ou implicitement - deux postulats fondamentaux. La situation des femmes est un sujet de révolte. Ceci est une platitude, mais cette platitude entraîne un corollaire moins admis. On ne se révolte pas contre ce qui naturel, ou inévitable, donc naturel. Dés lors qu’il y a révolte il y a concurremment et nécessairement notion d’un procès résistible. Ce qui est résistible n’est pas inévitable ; ce qui évitable peut être autre ; est arbitraire donc sociale L’implication logique et néscésaire de la révolte des femmes, comme de toute révolte, est que leur situation peut être changer, sinon pourquoi se révolter ? La croyance à la possibilité du changement implique la croyance à l’origine sociale de la situation. "Christine Delphy, Penser le Genre I"
                                • Réactionnaire ou dérive féministe ? 10 décembre 2007 20:20

                                  Je n’ai jamais dit que les féministes n’avaient pas le droit de se révolter contre les injustices dont elles sont victimes. Il y a des discriminations, cela est évident mais toutes les différences n’en sont pas. La construction sociale dont parle la plupart des féministes peut être sexiste mais toutes les différences ne viennent pas de la construction sociale : il ne faut pas oublier les différences de structuration du psychisme qui viennent du fait que nous sommes tous nés d’une femme que nous soyons homme ou femme. Ceci, il me semble, n’a pas été un choix de la société patriarcale ?

                                  Voir en ligne : http://www.jeangabard.com

                                  • Réactionnaire ou dérive féministe ? 11 décembre 2007 12:58, par FC

                                    Pour prouver le l’infériorité de la Femme, les antiféministes ont mis alors à contribution non seulement comme naguère la religion, la philosophie, la théologie, mais aussi la science : biologie, psychologie expérimentale… Tout au plus consentait-on à accorder à l’autre sexe "l’égalité dans la différence ". Cette formule qui a fait fortune est significative : c’est exactement celle qu’utilisent à propos des noirs d’Amérique les lois Jim Crow ; or cette ségragation soit disant égalitaire n’a servi qu’à induire les pires discriminations. Cette rencontre n’a rien du hasard : qu’il s’agisse d’une race, d’une caste, d’une classe, d’un sexe réduit à une condition inférieure, les processus de justifications sont les mêmes. "L’éternel féminin" c’est l’homologue de l’"âme noire " et du "caractère juif ". Le problème juif est d’ailleurs dans son ensemble très différent des deux autres : le juif n’est tant un inférieur qu’un ennemi et on ne reconnaît en ce monde aucune place qui soit sienne ; on souhaite l’anéantir. Mais il y a de profondes analogies entre la situation des femmes et celles des noirs : les unes et les autres s’émancipent aujourd’hui du paternalisme et la caste naguère maîtresse veut les maintenir à "leur place", c’est à dire la place qu’elle a choisie pour eux ; Dans les deux cas elle se répand d’éloge pour le "bon noir" à l’âme inconsciente, enfantine rieuse, du Noir et de la femme "vraiment femme", c’est à dire frivole puérile, irresponsable soumise à l’homme. Dans les deux cas elle tire arguments de l’état de fait qu’elle a crée. On connaît la boutade ". L’américain Blanc, dit-il en substance, relègue le Noir au rang de cireur de souliers : il en conclut qu’il n’est bon qu’à cirer des souliers." On retrouve ce cercle vicieux en toutes circonstances analogues ; quand un individu ou groupe d’individu est maintenus en situation d’infériorité, le fait est qu’il est inférieur, mais c’est sur la portée du mot être qu’il faudrait s’entendre ; la mauvaise foi consiste à lui donner une valeur substencielle alors qu’il a le sens dynamique hegelien ; être c’est être devenu, c’est avoir été tel qiu’on se manifeste, oui, les femmes dans l’ensemble sont aujourds’hui inférieures aux hommes, c’est à dire que leurs situation leur ouvre moins de possibilité : Le problème c’est de savoir si cet état de chose doit se perpétuer.
                                    Simone De Beauvoir, LE Deuxième Sexe, les faits et les mythes
                                    • Réactionnaire ou dérive féministe ? 11 décembre 2007 21:18

                                      Bravo de citer Simone De Beauvoir. C’est cependant dommage que vous n’ayez pas donner la date : 1949 . Aujourd’hui, si je ne me trompe, nous sommes bien en 2007 et il me semble que les femmes ne sont plus considérées comme inférieures aux hommes. Depuis peu, je vous l’accorde, elles sont à égalité devant la loi. D’autre part, ce n’est pas parce que les misogynes se sont servis (et que certains s’en servent encore) des différences pour inférioriser les femmes que pour ne plus être misogynes il devrait être obligatoire de dénier les différences. La réaction n’a-t-elle pas assez duré et ne serait-il pas temps d’arrêter de jeter le bébé avec l’eau du bain.
                                      Puisque vous citez Simone De Beauvoir, je vais citer Erasme : « On ne naît pas homme, on le devient ». Il voulait, il me semble, parler de l’Humain avec un « H » majuscule. Apparemment il y a encore du travail !

                                      Voir en ligne : Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté

                                      • Réactionnaire ou dérive féministe ? 12 décembre 2007 12:01, par FC

                                        Dans certains textes évoquant la différence entre sexe et genre, on retrouve souvent cette plaisanterie : on demande à un petit garçon le sexe des personnes qu’il voit sur une image. Celui ci répond : Je ne sais pas, ils n’ont pas vêtements. La réponse est amusante, puisque nous savons tous que la définition de la masculinité et de la féminité dépend des organes génitaux. Un "vrai " homme (doté d’un pénis et de testicules ) ne cesse d’être un homme s’il porte une jupe et des talons hauts et le fait que de nombreuses femmes ( dotées de seins et de vagin ) portent de nos jours des vêtements autrefois considérés comme masculins n’enlève en rien à leur indenté féminine. Mais la question est elle aussi simple ? Dans la vie de tous les jours, nous définissons sans cesse des individus comme hommes ou femmes sans leur demander d’enlever leurs vêtements. Quand nous nous adressons à une (e) inconnu(e) dans la rue pour lui demander notre chemin, nous décidons de débuter notre question par "monsieur " ou "mademoiselle ou madame ", en prenant en compte des indications et des signes très divers. En dernière analyse cependant, le massage véhiculé par l’histoire de l’enfant est pertinent. La classification d’une personnes que nous rencontrons comme homme ou femme signifie que nous pensons que cette personne est dotée d’un pénis ou d’un vagin ; tous les autres signes d’identification peuvent être ramené à la possession d’organes génitaux. Les ethométhodologues, qui étudient les comportements sociaux quasi-automatiques et de ce fait invisibles, se sont penché s sur les signes subtils l’identité sexuée d’un individu. Ils concluent que, dans la vie courant, la reconnaissance de la masculinité est fondée sur une identification positive forte, tandis que la féminité peut être définie par défaut. Tout les personnes dépourvues de signes non équivoques de masculinité (- vois basse, barbe ) sont classées comme des femmes. Le fait qu’un seul signe extérieur non ambivalent de la masculinité suffise pour classer un individu comme homme facilite la vie des transsexuels femme à homme. Dotés d’une pilosité masculine grâce à la prise d’hormones mâles, ils-elles, se laissent souvent pousser la barbe, signe qui, associé à des vêtements masculins, est suffisant pour être reconnu de manière non problématique comme homme. Le même principe rend plus difficile la vie des transsexuels homme à femme. Un seul signe de masculinité ( voix grave, silhouette masculine, pomme d’Adam ) suffit à détruire à leur identification en tant que femmes. La règle selon laquelle tout individu ne pouvant pas être classé sans équivoque comme homme est perçu comme une femme peut sembler contre-intuitive. Dans nos sociétés, le maintien d’une apparence féminine demande plus de temps et d’effort que celui d’une apparence masculine. Toutefois, il ne faut pas confondre-ensemble des activités nécessaire les "activité féminine normative "-ensemble des activités nécessité être considérés comme une femme féminine c’est à dire plaisante, charmante, séduisante- et féminité "normative - qualités nécessaires pour être reconnues par les autres comme individus apparentés au sexe féminin. Le même principe - définition de la féminité comme sexe par défaut - été appliqué à l’attribution du genre aux enfants intersecté. Le critère principal d’attribution du sexe masculin a pendant longtemps été l’existence d’un pénis fonctionnel Les enfants dépourvus de cet attribut visible de la masculinité étaient le plus souvent classé comme appartenant au sexe féminin, même en l’absence d’attributs possitifs de la féminité (ovaires et utérus, formules chromosomiques XX ) L’assignation par défaut du sexe féminin fut souvent problématique : il s’agissait en effet d’individus stériles, qui pouvaient rarement avoir une vie sexuelle satisfaisante. Les médecins qui leur assignaient le sexe masculin pensaient souvent qu’il s’agissait du seul choix possible. Un individu privé d’attributs masculins essentiels ne pouvait être classer comme homme. La seule possibilité était de classer comme femme, c’est à dire dans nos société, comme individu n’ayant pas accès aux avantages réservés aux hommes.
                                        A "Sexe" différences des…. " pour en finir avec la domination masculine" Illan Lowy Page 289-291
                                        • Réactionnaire ou dérive féministe ? 12 décembre 2007 17:01, par jean gabard

                                          "L’image de la femme suscite à la fois fascination et terreur, attirance et rejet. Ces réactions ambivalentes évoluent différemment chez le petit garçon et la petite fille, à partir du moment où dans la relation triangulaire avec la maman et l’homme présent, ils vont entendre la différence des sexes avant de la percevoir. (Lorsque les parents parlent du garçon et du papa, ils disent « il » alors que lorsqu’ils parlent de la maman et de la fille, ils disent « elle ».)
                                          La petite fille s’aperçoit, en face de la maman qu’elle considère comme une déesse, qu’elle n’est pas elle-même cette déesse. Cependant, elle réalise qu’elle appartient au même sexe et qu’elle va devenir capable d’accomplir à son tour le miracle de la « création ». Elle croit qu’elle possède en elle cette toute-puissance qui ne demande qu’à s’affirmer avec l’âge. En voyant le regard émerveillé de l’homme se poser sur elle et en mettant au monde un enfant, elle obtiendra la confirmation qu’elle est bien « La femme" "
                                          Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté, Les Editions de Paris pages 14 15.

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                                          • Réactionnaire ou dérive féministe ? 13 décembre 2007 16:53

                                            Il y a là travestisment si j’ose dire, des notions d’altérité ou de différence des sexes.
                                            • Réactionnaire ou dérive féministe ? 17 décembre 2007 13:10, par jean gabard

                                              Qui travestit quoi ?

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                                              • Réactionnaire ou dérive féministe ? 17 décembre 2007 14:55, par FC

                                                Tu continues sur une ligne naturaliste et soixante ans après le deuxième sexe à saisir les différences hommes-femmes comme a-historiques, a- sociale, bref transcendantes plutôt qu’immanentes, ce qui est impossible d’un point de vue féministe (puisque je sais que tu aimes à qualifier ceux-celles qui ne sont pas d’accord avec toit sur ce point de ainsi . Pourquoi pas ? Les étiquettes d’écoles de pensées me semblent plus honnête lors d’une discussion, je ne crois pas à l’a-idéologique dans une société de communication comme celle que
                                                J’utilise présentement. Conséquemment, tu peux continuer à parler, écrire, polémiquer tout seul, quant à moi, je préfère arrêter cet inutile échange ici. Libre à toi, dans une démarche qui est la tienne de me qualifier de stalinien de sectaire, d’idéologue ou d’en conclure que tu as la vérité ou que tu as touché un point sensible.
                                                • Réactionnaire ou dérive féministe ? 17 décembre 2007 23:11, par jean gabard

                                                  Le fait que Simone De Beauvoir ait parlé il y a presque soixante ans ne prouve pas que sa parole est très moderne. Au contraire, elle peut paraître un peu dépassée, dans le sens où si avant les partisans de la société patriarcale traditionnelle étaient de pures naturalistes qui s’arrangeaient avec la nature pour servir leurs intérêts de machos, elle ne voit plus, dans la réaction où elle se trouve alors (comme encore de nombreux féministes), que de la construction sociale. Depuis, en prenant du recul, il est pourtant possible d’accepter qu’il y ait aussi une structuration du psychique qui ne dépend ni de la physiologie, ni de la culture, mais du fait (que l’on soit homme ou femme) d’être né d’une femme.
                                                  Nous ne sommes pas d’accord sur ce point et c’est vrai que je ne peux pas te prouver de manière scientifique que ce que j’avance ( et que d’autres ont dit avant moi) est la vérité puisque cette structuration se passe au niveau de l’inconscient. Tu reconnaîtras cependant que tu ne peux pas davantage me prouver le contraire. Mais je ne dirai pas que tu es stalinien. Bien sûr que tout le monde a une vision du monde, mais certains en font une idéologie quand, n’acceptant aucune critique, ils condamnent quelqu’un sans savoir exactement ce qu’il dit et sans chercher à le savoir. Ce n’est pas ton cas puisque cela fait plusieurs jours que nous essayons de nous comprendre. Nous n’avons pas la même vision et ce n’est pas grave. Il se peut que tu ais raison, il se peut que ce soit moi, tu crois que c’est toi, je crois que c’est moi… Je vais encore chercher et on verra … Si tu acceptes cette différence, comme je l’accepte, c’est déjà le signe qu’on est au moins d’accord sur l’idée de démocratie. Bonne route …

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                                                  • Réactionnaire ou dérive féministe ? 18 décembre 2007 14:39, par FC

                                                    Le premier mouvement des groupes dominants est de se définir en fonction de l’instance idéologiquement décrétés fondatrices de la société, elle varie bien évidemment selon le type de société. Ainsi les dominants peuvent se considérer comme définit par le sacré ( les brahmanes en inde, l’église Catholique au Moyen Age…), par la culture( l’Elite’), par la propriété ( la bourgeoisie ) par le savoir ( les mandarins, les cercles ) par l’action sur le réel ( la solidarités des chasseurs, l’accumulation du capital, la conquête des terre ), etc.… Définis en tous les cas, par des mécanismes créateurs d’Histoire, mais non par des instances qui seraient à la foi répétitives, intérieurs qu’ils resservent aux groupes dominés. Ainsi les hommes se prétendent identifiés par leurs pratiques et ils prétendent que les femmes le sont par leurs corps. De plus le rejet des femmes dans la "nature", l’affirmation de leur caractère hautement naturel tend à montrer le mâle de l’espèce comme créateur ( en soi, à lui tout seul) à lui tout seul de la société humaine de l’artifice socio-humain et, en dernière analyse, de la conscience ( comme projet ou organisation) Pourtant elles révoltes, les conflits, les bouleversement historiques et d’autres raisons les contraignent parfois à entrer dans une problématique à laquelle ils répugnent pour eux-mêmes aussi fortement qu’il y adhèrent pour ceux qu’ils exploitent. Ils peuvent alors tenter de définir leur lien avec la Nature si attentive qui leur fournit si commodément si opportunément du matériel vivant. A ce stade, ils peuvent entreprendre de développer ces "éthiques scientifiques" aussi bien libérales, triomphales que nazies, qui proclament que certains groupes ont droit de domination par l’excellence de leurs qualités et leurs capacités innées de toutes sortes.
                                                    Colette Guillaumin, sexe, race et pratique de pouvoir, 1992.
                                                    Le but de la lutte politique, c’est permettre aux personnes l’exercice de la singularité. En revanche, le but d’une analyse scientifique de l’oppression comme de tout les phénomènes, n’est pas pas de célébrer - ou de se lamenter sur - la singularité de chaque individu, que cet individu soir fleur, personne évènement historique ou mécanisme social, mais de le découper en morceaux ( qu’il s’agisse, de jambes, de molécules, d’institution, de procédures etc.), comparables aux autres morceaux d’individus (fleurs, animaux, cellules, systèmes sociaux ; Toutes ces entités ainsi que les entités qui les composent étant, à un point ou à une autre de l’analyse, des individus. Sinon, chaque phénomène reste enfermé dans sa spécificité phénoménale(…) A mes yeux, la démarche naturaliste est fausse principalement parce qu’elle ignore les bases de la perception et de la cognition : parce qu’elle prétend que l’humanité peut percevoir des différences avant de leur avoir donné un sens, et que la matière comporte sa propre signification. Cette première -mais fatale- erreur qui consiste à chercher dans un dans la nature l’origine d’un phénomène social, amène ensuite à respecter la spécificité de la division genrée, qu’elle appelle différence des sexes elle-même. La recherche de la cause spécifique d’une oppression débouche sur un raisonnement circulaire.
                                                    Christine Delphy, l’Ennemi Principal Deux, 2001
                                                    • Réactionnaire ou dérive féministe ? 18 décembre 2007 19:04, par jean gabard

                                                      Le livre « Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté » dénonce toute démarche naturaliste qui servirait à justifier la moindre domination d’un sexe sur l’autre et le non respect de la différence. S’il est difficile de nier la différence physiologique, ma démarche n’est pas principalement naturaliste.
                                                      Le respect de la différence (et donc de la différence des sexes) qui me semble indispensable passe d’abord par la connaissance et la reconnaissance de celle-ci.
                                                      Comme très souvent, je constate les difficultés de l’humain à savoir compter jusqu’à trois. De même que dans une feuille de papier il a tendance à ne voir que le recto et le verso et à oublier la tranche, il reste très souvent dans le dualisme : naturalisme contre constructivisme et oubli de la structuration du psychisme. De même souvent, dans l’humain est oublié le versant symbolique ou spirituel (père mère) pour ne prendre en compte que les versants physiques (géniteur génitrice) et les versants imaginaires et affectifs (papa maman) !
                                                      Mystère de la trinité ! … ?

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                                                      • Réactionnaire ou dérive féministe ? 21 février 2008 10:14, par jean gabard

                                                        Quand une féministe reste dans le dualisme et ne peux concevoir que l’idéologie féministe puisse dériver, elle fait forcément des amalgames regrétables. Voici la réponse que j’ai faite à l’article « La complainte des mâles barrés » de Anne Zelensky, paru dans Riposte Laïque.
                                                        12 questions d’un « mâle barré » à une féministe
                                                        Je ne peux que vous féliciter pour votre participation à la lutte pour l’égalité en droits entre les hommes et les femmes. Votre ironie à propos des mâles écrivant sur la condition masculine et que vous voyez tous « se répandre en jérémiades ou en insultes »* me fait par contre poser de nombreuses questions.
                                                        1 - La légitimité du combat des femmes pour le respect de leurs droits vous donne-t-elle le droit de considérer tout homme qui oserait s’exprimer différemment de vous sur le sujet, comme un horrible dominant ?
                                                        2 - La prise en compte d’un malaise doit-il être le privilège accordé pour l’éternité aux femmes naturellement victimes et refusé aux hommes éternels exploiteurs ne souffrant que de leur manque de savoir vivre ?
                                                        3 - S’il n’y a pas de nostalgie à avoir pour l’homme du passé, est-il vraiment nécessaire de vouloir inventer un homme nouveau à partir de nos rêves d’unité ? S’il n’est pas conseillé d’établir des rapports avec l’autre à partir de nos fantasmes, est-il davantage recommandé de ne pas en tenir compte ? Les femmes n’ont certes jamais détenu la toute-puissance, mais cela empêche-t-il tout humain homme ou femme de réagir inconsciemment, et comme un petit enfant, comme si c’était le cas ? Et à moins que l’humain devenu tout-puissant, n’arrive à « maîtriser son inconscient » n’y a-t-il pas de fortes chances que cela se perpétue ? Alors doit-on parce que la différence des sexes a été mal gérée et a servi pendant des siècles à inférioriser les femmes, la dénier aujourd’hui ?
                                                        4 - Qui, à part vous et les sexistes que je condamne, évoquent-ils la différence entre les sexes pour juger que l’un serait meilleur que l’autre ? Avez-vous trouvé dans mon intervention sur « L’évaporation de l’homme »* et dans mes écrits la moindre allusion à une infériorité de la femme, la moindre insulte et la moindre nostalgie pour le passé ?
                                                        5 - Vous qui refusez les stéréotypes, pourquoi vous délectez-vous autant à déverser votre fiel sur le macho débile dont vous faîtes une généralité et un épouvantail ? Vous qui ne voulez pas « enfermer la masculinité dans sa triste parodie », pourquoi continuez-vous d’assimiler tout homme dénonçant des dérives féministes à cette triste caricature ?
                                                        6 - Ne seriez-vous pas davantage crédible lorsque vous fustigez la violence masculine si vous évitiez de voir dans toute personne qui ne pense pas comme vous un ennemi à abattre ? Vous n’utilisez que la force des mots, mais la trouvez-vous assez « tranquille » pour mettre fin à la guerre des sexes ?
                                                        7 - Ne serait-il pas davantage constructif d’analyser les arguments des autres sans les déformer et d’engager le dialogue pour essayer de les comprendre ? Le mépris que vous affichez pour ceux qui tâtonnent, n’est-il pas symptomatique d’une attitude défensive et sectaire qui ne fait pas bon ménage avec l’esprit d’ouverture que l’on pourrait attendre de la part de défenseurs de la démocratie ? Pourquoi, pour combattre les intégristes vous sentez-vous obligée d’adopter leur attitude ?
                                                        8 - En n’arrivant plus à concevoir que votre vision du monde puisse aussi entraîner des dérives, ne faites-vous pas de votre « féminisme » une idéologie et n’est-ce pas déjà une dérive ? Défendre la démocratie, des féministes l’ont fait et on ne peut que les applaudir. Mais alors pourquoi employez-vous aussi des méthodes staliniennes en ne voyant dans vos contradicteurs que des déviants et des traites à la seule cause qui serait valable, la vôtre ? Dans notre société en mutation, se complaire avec bonne conscience dans ses certitudes, n’est-ce pas le moyen confortable de ne pas se « poser d’utiles questions » ?
                                                        9 - N’adoptez-vous pas une attitude plutôt conservatrice, lorsque vous figez les hommes dans les erreurs de leur enfance et ne cessez de vantez les mérites d’une adolescence réactive dont il serait temps de sortir ?
                                                        10 - Faîtes-vous preuve de progressisme lorsque vous refusez, après le nécessaire et inévitable grand nettoyage, la récupération du « bébé jeté avec l’eau du bain » qui aiderait à faire passer à l’age adulte ?
                                                        11 - Suffit-il de bouger pour avancer ? S’il est positif de dénoncer les erreurs du passé, celui-ci ne doit-il pas nous servir à considérer nos faiblesses actuelles avec humour pour éviter que le futur ne nous échappe ?
                                                        12 - Dans une société où la difficulté à assumer les limites désespère, ne vaut-il pas mieux être « mal barré » que pas « barré » du tout ?
                                                        Jean GABARD
                                                        Auteur de : « Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté » Les Editions de Paris, Paris 2006. http://www.jeangabard.com
                                                        * Anne Zelensky : La complainte du mâle barré, jeudi 24 janvier 2008 Riposte Laïque n°25
                                                        * Jean Gabard : L’évaporation de l’homme, jeudi 24 janvier 2008 Riposte Laïque n°25
      • Réactionnaire ou dérive féministe ? 3 décembre 2007 18:48, par jean gabard

        Je suis d’accord qu’il y a construction sociale mais il ne faut pas nier les différences physiologiques et la différence de structuration du psychisme. Cf réponse précédente

        Voir en ligne : http://www.jeangabard.com