Roman

Interview de Nicolas Cauchy

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La véritable histoire de mon père de Nicolas Cauchy est paru chez Robert Laffont au début de l’année 2006. C’est son premier roman. Nicolas est un homme curieux et commence par poser plusieurs questions avant de répondre aux miennes. Souriant, amusé, il bouge beaucoup sur la banquette du bistrot et finit par éclater de rire quand je lui dis qu’il faut quand même être pas mal tordu dans sa tête pour avoir échafaudé une histoire pareille.
Osez le suivre page après page jusqu’aux frontières de la déraison, celle de Simon, vous arriverez peut-être à comprendre ce que d’aucuns nomment un geste incompréhensible.
Voici les extraits de notre rencontre.

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Bonjour Nicolas. Totalement inconnu du milieu littéraire il y a encore quelques mois, vous faites partie des nouveaux auteurs qui vont étonner agréablement le public. Comment vivez-vous le fait d’avoir été choisi par la grande maison d’édition Robert Laffont ?

En réalité, j’étais déjà très connu grâce à mes nombreux albums pour la jeunesse chez Hachette dont l’un d’eux a reçu la mention« Attention talents ! » de la FNAC.
Mais c’est vrai que désormais, on me reconnaît dans la rue, « N’êtes-vous pas cet auteur publié récemment chez Robert Laffont ». En général je réponds « non » pour continuer à vivre paisiblement ma vie d’autrefois.

Le thème de l’intrigue de votre roman a été rarement traité car il est loin d’être facile. Vous arrivait-il de paniquer, de croire que vous n’arriveriez pas à le terminer ?

C’est avant tout une histoire, une fiction, qui m’a plongé, en l’écrivant, dans un univers très prenant, ce que je voulais. Ce n’est qu’ensuite, une fois le livre publié, que j’ai commencé à me rendre compte de l’impact de l’histoire sur les gens.

De qui vous êtes-vous inspiré pour faire vivre Simon ?

De mon milieu professionnel totalement déconnecté de l’humain.

Avez-vous un problème avec les gros, avec les personnes qui sortent de la beauté normalisée ?

Oui, j’ai beaucoup de mal à accepter les gens qui ne me ressemblent pas.


Votre style est percutant, c’est le moins que l’on puisse dire. Est-il venu naturellement ou l’avez-vous peaufiné au fil de l’avancement de l’histoire ?

J’ai passé plusieurs années à travailler mon écriture afin qu’elle ne pose pas de problème au moment d’écrire. On peut donc parler de style direct. Je n’utilise pas d’adjectifs par exemple et je préfère toujours retrancher plutôt que d’ajouter. C’est ce que ressens le lecteur également, je pense, une écriture qui est au service de la narration.

N’avez-vous jamais éprouvé de pitié pour votre personnage principal ?

Disons que Simon, avant qu’il ait commis l’irréparable, c’est le genre de type que j’aurais aimé être : insensible, sûr de lui, autoritaire et qui avance, qui avance.
Et le Simon d’après le meurtre, c’est un peu celui que je suis, qui avance aussi, mais dans une autre direction, dans la solitude des chemins de traverse (C’est pas une chanson de Cabrel, ça ?).

Pensez-vous qu’il faudrait rétablir la peine de mort pour les tueurs d’enfants ?

On me pose souvent cette question, surtout depuis mes révélations sur mes engagements politiques de mon adolescence, mais je réponds toujours la même chose : je suis fermement opposé à la peine de mort.

Une chose m’intrigue : Simon qui a tout réussi, qui gagne très bien sa vie, ne s’est jamais acheté une Porsche. Pourquoi ?

Il n’y a pas de sangle à l’arrière pour le siège bébé. Il a dû se rabattre sur une Audi Quattro Break.

Finalement, savez-vous vraiment ce qu’il s’est passé dans cette salle de bain ?

A l’origine, le crime était explicite et se déroulait dans la chambre de l’enfant. C’était insoutenable. Mon éditeur a préféré quelque chose de plus soft : j’ai proposé cette version ambiguë, laissant la possibilité de croire à un accident. Mais aucun lecteur n’y a cru.

Nicolas, le moment est venu de nous séparer, je vous offre les mots de la fin...

Merci d’avoir mis vos chaussures rouges, comme sur la photo.

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> Interview de Nicolas Cauchy

Par sylvie — 22/09/2006 &pm1Fri, 22 Sep 2006 13:17:42 +0200pm000Europe/Paris; 13:17

Votre remarque sur le physique des gens est un peu gonflée et fort de café.

En en tant ce que vous êtes c’est à dire un rouquin moyen qui perd ses cheveux vous n’avez guère de conseils d’esthétique à donner à la plèbe du web cher Nicolas !!!

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La véritable histoire de mon père, Robert Laffont, 16 €

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