Si vous avez aimez "Le musée de l’Homme" du même auteur, vous allez suivre son même personnage autofictionnel dans ce tome 2 particulièrement enlevé. Si vous n’avez pas encore acheté le précédent opus abikérien, ce n’est pas dramatique non plus car "Le mur des lamentations" est un récit autonome qui se suffit à lui-même et a une existence indépendante du premier ouvrage davidien.
Il est malin Abiker car il sait observer son époque, ses mœurs, sa sociologie, ses travers tragi-comiques, ses côtés absurdes et ses nouveaux comportements avec une verve et une faconde efficaces et très divertissantes. Il surfe sur le net, vit à Paris, fait de la télé et va même en province parfois étudier ses congénères ou retrouver son enfance perdue dans un lycée du Vieux Port de Marseille.
Abiker a revêtu cette fois-ci son plus beau déguisement de Caliméro, ce petit héros de dessin-animé de son enfance qui n’avait de cesse de dire "C’est vraiment trop injuste".
Et cela lui réussit bien à cet auteur inclassable que de jouer perpétuellement la victime fière de l’être.
On sourit, on rit, on dévore avec avidité et dans un rythme enlevé cette prose moderne et urbaine qui mêle les expériences du présent, les anecdotes du passé avec un égal bonheur gouailleur.
Maouh que c’est bon de lire un auteur qui visiblement sait s’amuser de lui-même, "s’autodérisionner" et se moquer de ses défauts avec un tel altruisme à pisser par terre qu’on en reste admiratif et pantois !
Il y a bien entendu sur les briques de sur ce mur des lamentations plein de sous-tendus politiques, religieux, communautaristes, misogynes, cybernétiques, sexuels... mur que l’on n’a surtout pas envie de renverser dans une révolution bruyante !!
A lire, à offrir en se plaignant que dans le même registre de langue et de plume il y ait aussi peu d’auteurs aussi audacieux et caustiques sur le marché de la plainte en bonne et due forme !
Pour contacter l’auteur, se plaindre ou le plaindre, écrivez à l’auteur MAOUH@michalon.fr
