Malheureusement mes goûts sont d’un autre âge. Le XXIème siècle aime les maigres. Pas moi ! Les femmes modernes sont des phasmes : elles ont des jambes qui ne remplissent même pas leurs bottes et des jeans trop serrés qui leurs servent d’identité. Truquées jusqu’aux bouts des ongles, elles flottent pourtant dans leur mal être en culpabilisant le monde entier de s’empiffrer. La beauté est devenue leur shoot. Maigrir est la nouvelle drogue des femmes qui ont peur de vieillir. Au paradis artificiel des femmes-osselets, l’Eve future est celle qui ne doit pas croquer dans la pomme.
Le nouveau péché originel du monde moderne, c’est manger. L’enfer, c’est les grosses.
Aujourd’hui, on peut avouer sans rougir qu’on est échangiste, partouzeur ou sniffeur de coke. Mais surtout pas qu’on va au Mac Do en pleine après-midi. Vil penchant ! Le « Big Mac » est immoral. Plus choquant qu’un téton qui dépasse.
Un jour viendra où grossir ne sera plus permis. Où le « vice des formes » constituera un délit. Où les femmes authentiques disparaîtront de la planète pour laisser place aux androïdes androgynes qui peuplent déjà nos magazines. Les hommes n’auront plus qu’à coucher avec des algorithmes ou des robots programmés par les nutritionnistes - ces « gourous-relookeurs » qui répandent partout la terreur de grossir et redessinent la « carte du Tendre ». Avec de nouvelles courbes et des cottes à ne pas dépasser. 90, 60, 90 est le nombre d’Or de la beauté féminine, le Pi de la femme fatale. Tout ce qui déborde doit être retaillé, recalculé, redimensionné. En direct à la télé.
Je tire à boulets rouges sur les « canons », parce que le règne de la maigreur a commencé ! Que les femmes fortes continuent d’être des exceptions. Et nous resterons des hommes.
Texte publié préalablement dans le Magazine DS
