19ème étage de l’immeuble de Charlélie. Bâtiment typiquement new-yorkais. On toque. L’homme nous ouvre. Stature imposante, légendaire barbichette. Pantalon treillis tâché de touches de peinture.
On entre. Il continue à peindre. Chez lui, peinture et musique font bon ménage depuis plus de trente ans. Avec ses yeux ronds et puissants, il nous explique Manhattan, l’esprit de New York et nous brosse en quelques images bien senties un portrait sociologique de l’Amérique d’aujourd’hui. L’homme parle sans détour, avec un mélange de tendresse et d’impétuosité.
Avec un (faux) détachement, il nous décrit l’évolution de sa peinture, passant d’un tableau figuratif à des portraits ronds aux figures géométriques, dévoilant de grandes bâches maculées d’aplats noirs. New York est un terreau fertile pour les hommes comme lui qui placent leur ambition dans le travail.
Car Charlélie aime travailler. Son œuvre est féconde : 23 albums, quantités de toiles, de dessins, plusieurs livres, des carnets de voyage, des poèmes, des photos, etc.... Il nous présente son dernier album (« New Yorker ») qui paraîtra en octobre prochain.
Comme l’on était en train d’admirer ses toiles, le premier titre de l’album soudain retentit. La voix grave de Charlélie enveloppe tout l’atelier sur fond de guitares saturées. On en profite pour lui offrir notre album.
Après une séance de dédicace improvisée, l’artiste nous salue. Nous redescendons sur la 7ème avenue, vers Times Square.
