Il y a aussi sa façon de s’habiller, de triturer ses colliers, ses bottes, sa manie de relever sa jupe en parlant au téléphone pour caresser sa peau avec une hésitation lente et sensuelle. Elle découvre sa chair blanchâtre, elle l’expose au ressort de sa fenêtre.
Elle a des gestes d’un naturel naïf qui en disent long sur l’abandon de son corps au bercement de son fauteuil.
Ce naturel exquis a le don d’émoustiller ma concentration : il m’empêche de poursuivre ma tâche malgré toute la bonne volonté que je m’inflige. Je me dis que ce n’est rien, ce n’est qu’une bourgeoise rassurée comme il y en a beaucoup par ici.
J’aperçois la photo de ses proches souriants encadrée dans un joli bois clair. Je me dis que si elle encadre son mari, son couple doit être à bout de souffle : elle impose des limites à sa liaison conjugale.
J’ai beau me laver la cervelle avec l’idée que c’est une avocate banale issue de l’ordinaire écœurant du monde des affaires, je suis victime de l’intrusion de ses yeux dans la marche ordonnée de mon travail.
