Loin d’être une révélation pour tous ceux qui sont allés au moins jusqu’en classe de troisième, cet épisode de brèves fraternisations entre soldats ennemis embourbés dans la boue des tranchées pendant la Grande Guerre donne lieu à un film sans saveur, larmoyant, trop académique, décevant, quand d’autant plus on sait que le réalisateur Christian Carion s’est longtemps battu pour le mettre en scène !
"Douce nuit, sainte nuit" chantée au son des cornemuses, chocolats, champagne, musique et vin chaud aidant, voilà nos soldats ennemis, amis et unis dans l’injustice des combats le temps d’une nuit. Bref cessez-le-feu, échanges de mots, de photos, avant d’entendre de nouveau ceux des balles, indubitablement. Et oui, c’est la guerre en 1914 tout de même, et ce jusqu’en 1918 ; c’est pas tous les jours Noël hein, faut pas pousser !
A grand renfort d’émotions "vraies", de larmes, de cris, de morts sous les balles, d’innocence arrachée au nom d’un sale conflit, Carion en fait trop, et dessert le propos qui pert en crédibilité. On en apprend beaucoup plus en prennant le temps de se plonger dans les livres et les archives, et on n’aura pas à culpabiliser de quitter la salle de cinéma alors qu’on vient de lâcher plus ou moins 8€.
Beaucoup de bruit pour pas grand chose en somme. Joyeux Noël devrait raisonnablement faire sangloter les mamies et papis, les amateurs de grande sensiblerie, les fans du franchie Guillaume Canet, mais tout autant faire se hérisser les poils de ceux qui vomissent les images d’Epinal, le sentimentalisme à foison, l’absence de travail, de réelle réflexion, sous prétexte d’un sujet facile, dans l’air du temps. La guerre c’est pas beau, ça ne sert personne, en tout cas surtout pas ceux qui se battent sur le terrain, c’est toujours les mêmes qui trinquent.
Un conseil, ne lâchez pas cinquante balles pour ce film, attendez sa sortie en dvd ou mieux encore, son passage tv pour Nöel 2006 !
