C’est toujours intéressant de réviser ses classiques et de rire un peu, mais l’ouvrage imaginé par Franck Thiriot et Bernard Groslier dit « Grôle », ne s’arrête pas là. Les deux bouffeurs de curés ont en effet invité Marcos Carrasquer dans l’aventure. Né aux Pays-Bas en 1959, Marcos vit à Paris après s’être baladé entre Amsterdam, New York et Barcelone. Utilisant des techniques mixtes (encre, aquarelle, huile, gouache, œuf), il invente un univers qui peut rappeler Jérôme Bosch et Francisco Goya. Marcos dessine et peint un monde inquiétant où des idoles grasses sont vénérées par des madones nues, des crapauds et des molosses aux oreilles taillées en pointes. Là, les miroirs ne révèleront que des faces squelettiques.
Ici, une mise en croix tournera à la farce macabre avec des évêques en slip et des religieuses pas très nettes. Ailleurs, un Christ fera du gringue à une belle qui s’apprête à le chevaucher. Anges décapités, corps tourmentés, prêtres fous, animaux malfaisants peuplent les scènes intemporelles.
Un Christ peut cloper sur son lit en titillant une télécommande, s’emmerder avec deux sosies sur un canapé ou dormir confortablement sur une croix invisible. Avec Marcos, les illustrations deviennent elles-mêmes des citations éclatantes.
En ayant recours à l’absurde et à la dérision, l’artiste nous met en garde contre ce que les religions diffusent : haine de la raison, dégoût de la sexualité, fascination pour le morbide. Après cette démonstration, on attend avec impatience le prochain livre annoncé dans cette nouvelle collection, Paroles antimilitaristes...
