Michael J.SHEEHY devrait vous plaire. Je parle aux d’jeunes qui comme moi aiment ce qui bouge bien, ce qui groove classe et vous donne la patate pendant toute la journée. Achevant une trilogie commencée par « Sweet Blue Gene » suivi de « III-Goten Gains », le voici en train de finir son parcours par ce « No Longer My Concern », sorte de récapitulatif des deux premiers opus, causant de l’alcool, du sexe et de la noirceur de l’existence. Vous lancez la piste 1 : « Distracting yourself from the doom » et ensuite la 2 : « Donkey ride straight to hell » et vous aurez compris la subtilité de la chose. Du gentil loufiat anglo-saxon aux musiques pianotées doucettement, J.SHEEHY (mais que veut dire le « J » de SHEEHY ???) passe à une chanson hyper-rapide, comme une condamnation du purgatoire à l’enfer qui brûle vos pieds palmés.
Le meilleur vient pourtant encore après. Dans l’écoute globale. De « Dark Country Moment » et la voix de Alison Shaw qui vient bercer ses idées noires, à l’aide importante de Dimitri Tikovoi (Trash Palase) pour la production et l’utilisation de plein d’instruments jusqu’aux petites trouvailles musicales qui vont de l’utilisation d’un clap-clap des mains du chanteur aux flop-flop des pieds du même chanteur enregistré pour une chanson country. Le tout forme un ensemble fort joli. Aux chansons susurrées, fredonnées comme « Mary, Bloody Mary », Sheehy se met à nu totalement.
Un strip intégral de ses sentiments personnels. Un album de confidence parfait avec une distance ironique sur une vie qui prend l’eau. Apparemment Michael qui a réalisé cet album pendant l’été 2001, n’aurait plus écrit une seule chanson depuis, trop tourmenté par la mise en lumière de ses propres démons. Je lui laisse la fin de cette chronique en vous rapportant ce qu’il dit dans sa chanson Pigboy et qui reflète ce que peut être un foutoir parfait : « C’était l’été, j’avais dix ans, nous faisions une sortie en famille le long du canal. J’étais un petit con à l’époque et j’en suis toujours un aujourd’hui ».
