Houppette spectaculaire, chemise blanche, cravate bleue, allure impeccable : Alexandre Privet cultive un style qui évoque instantanément le héros de bande dessinée. France Bleu, devenu ici, est allé à sa rencontre dans les rues de Nîmes, où le personnage commence manifestement à être connu. Un sujet récent le présente comme « un sosie de Tintin » déambulant quotidiennement dans le centre-ville.
Mais l’intérêt du personnage dépasse la simple ressemblance physique. Ce qui intrigue, c’est précisément le choix d’assumer quotidiennement une apparence aussi immédiatement identifiable. Dans une époque où la mode tend souvent à uniformiser les silhouettes, Alexandre Privet fait exactement l’inverse : il choisit d’être vu.
« Je ne suis pas habillé comme tout le monde », résume-t-il dans le reportage consacré à son arrivée à Nîmes. Et c’est sans doute la meilleure définition du phénomène.
Dans la rue, la référence fonctionne en quelques secondes. La houppette suffit presque. Tintin appartient à ces très rares personnages dont la silhouette est devenue un élément de culture populaire reconnaissable bien au-delà des lecteurs des albums d’Hergé.
Alexandre Privet transforme ainsi une promenade ordinaire dans Nîmes en petite apparition surréaliste. On regarde une première fois, puis une seconde. Certains doivent sourire, d’autres sortir leur téléphone, d’autres encore se demander pendant quelques secondes ce que le reporter du Petit Vingtième peut bien fabriquer devant les arènes.
Le plus intéressant est peut-être là : Alexandre Privet introduit de la fiction dans la ville réelle.
À l’heure des avatars numériques, des filtres et des identités construites sur les réseaux sociaux, lui a choisi quelque chose de beaucoup plus concret : devenir un personnage dans la rue, au milieu des passants.
Et à Nîmes, Tintin semble avoir trouvé un nouveau terrain d’aventures.
