Le parquet de Nîmes l’a officiellement confirmé mercredi 19 août : la jeune femme retrouvée morte une semaine plus tôt est bien Sonia Bellina. L’identification, rendue difficile par l’état du corps, a finalement pu être établie. Dans le même communiqué, la justice a annoncé que deux personnes avaient été placées en garde à vue. Aucun détail n’a encore été communiqué sur leur identité, leur lien éventuel avec la victime ou le mobile envisagé. À ce stade, elles bénéficient naturellement de la présomption d’innocence.
Le corps de Sonia Bellina avait été découvert le 12 août par un ouvrier agricole, entre deux rangées de vignes à Saint-Gilles, à une vingtaine de kilomètres de Nîmes. Il était partiellement calciné et en partie dénudé. La nature de la scène avait immédiatement conduit le parquet à ouvrir une enquête pour assassinat, confiée au groupement de gendarmerie du Gard et à la section de recherches de Nîmes.
Sonia Bellina était âgée de 29 ans. Installée à Paris, elle revenait régulièrement dans le Gard, région dont sa famille est originaire. Sur TikTok, son compte principal réunissait environ 259 000 abonnés, auxquels s’ajoutaient près de 120 000 personnes sur un second compte. Elle était également présente sur Instagram, où elle comptait environ 13 000 abonnés.
Elle s’était construit une personnalité numérique immédiatement reconnaissable. Maquillage très travaillé, coiffures impeccables, tenues choisies, décors luxueux et poses parfaitement maîtrisées : Sonia cultivait une image d’une sophistication presque théâtrale. Ses vidéos courtes, ses séquences de lip-sync et ses directs mêlaient apparence, quotidien et univers « lifestyle ». Elle ne prétendait pas nécessairement montrer toute sa vie, mais composait devant la caméra un personnage glamour, affirmé et parfois volontairement excessif.
Cette image publique ne disait pourtant presque rien de la personne privée. Derrière les filtres, les bijoux et la mise en scène existait une jeune femme dont les proches parlent aujourd’hui comme d’une personne « solaire » et « gentille ». Sa sœur a expliqué qu’elle était aimée de son entourage et que la famille ne pouvait imaginer qu’un tel crime puisse la frapper. Les proches de Sonia avaient cessé d’avoir de ses nouvelles dans les jours précédant la découverte du corps.
La mort de la jeune femme a également provoqué une déferlante particulièrement indécente sur les réseaux sociaux. Des inconnus ont diffusé des rumeurs, des accusations et des commentaires insinuant parfois qu’elle aurait été responsable de ce qui lui était arrivé. L’avocat de la famille, Me Mourad Battikh, a dénoncé cette violence supplémentaire infligée à des proches déjà anéantis et annoncé que les publications susceptibles de constituer des infractions seraient conservées et signalées.
Il faudra laisser l’enquête établir ce qui s’est réellement passé, reconstituer les dernières heures de Sonia Bellina et déterminer le rôle éventuel des deux personnes gardées à vue. Tout le reste, les suppositions sur sa vie sentimentale, son activité ou ses fréquentations, ne constitue pour le moment que du bruit.
Sonia Bellina ne doit pas être réduite à la manière atroce dont son corps a été retrouvé. Elle était une jeune femme de 29 ans qui avait su attirer et fidéliser plusieurs centaines de milliers de personnes en construisant un univers visuel très personnel. Derrière cette apparence ultra-sophistiquée, il y avait une fille, une sœur et une amie. C’est désormais à la justice de découvrir qui l’a tuée et pourquoi.
