Les bicyclettes.
Le métro.
Les architectures.
Les vitrines.
Tout est rythme.
Vibration.
Tempo.
Couleur.
Forme.
Je ne regarde pas le monde.
Je le vois se répondre.
Tout se dépose en moi.
Chaque sensation devient matière.
Les couleurs ne sont jamais silencieuses.
Le jaune hésite comme un rire.
Le bleu résonne longtemps, comme une note
qui enveloppe.
Le rouge pulse.
Il bat contre mes tempes avec la force
d’un coeur.
Les sons peignent.
Les images chantent.
Les odeurs dessinent.
La lumière modèle déjà l’espace.
Mes idées prennent une forme avant de
prendre un sens.
Comprendre commence, pour moi, par voir.
Le monde est une partition où chaque
sensation emprunte le langage d’une autre.
Mon esprit ne classe pas.
Il compose.
Il ne sépare pas.
Il relie.
Une couleur apporte déjà un son.
Une lumière révèle une forme.
Un mot fait naître un paysage.
Je n’habite pas un monde de concepts.
J’habite un monde de correspondances.
Je ne crée pas ce monde.
Je le rencontre.
Et dans ce monde-là,
même le silence a une couleur.
