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« Mon burn-out et moi » : Linda Diguet transforme l’épuisement professionnel en outil de compréhension

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« Mon burn-out et moi » : Linda Diguet transforme l'épuisement professionnel en outil de compréhension

En 2018, le burn-out interrompt brutalement la trajectoire professionnelle et personnelle de Linda Diguet. Ce qui aurait pu demeurer une épreuve silencieuse devient d’abord une matière intime, consignée dans un journal, puis un travail d’écriture et de transmission. Plusieurs années plus tard naît « Mon burn-out et moi », un ouvrage illustré qui raconte la chute, mais surtout le chemin souvent long et incertain de la reconstruction.

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Le livre ne se présente pas comme un traité médical abstrait. Linda Diguet choisit au contraire une approche personnelle, graphique et pédagogique. À travers des scènes du quotidien, des personnages expressifs et une créature sombre symbolisant l’épuisement, elle rend visible un phénomène qui reste encore difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont jamais vécu.

Rendre visible un mal souvent invisible

Le burn-out ne surgit pas toujours sous la forme d’un effondrement spectaculaire. Il peut s’installer progressivement, à travers une fatigue persistante, une perte de motivation, un sentiment d’inefficacité, une irritabilité croissante ou une impossibilité à récupérer, même après plusieurs jours de repos.

C’est précisément cette progression que l’ouvrage cherche à faire comprendre. La personne continue parfois à travailler, à répondre aux demandes et à donner l’apparence d’un fonctionnement normal, tandis que ses ressources physiques et psychiques diminuent. Le corps finit alors par imposer l’arrêt que l’esprit refusait ou ne parvenait pas à envisager.

L’expérience de Linda Diguet permet d’aborder le burn-out depuis l’intérieur. Elle montre le décalage entre ce que l’entourage perçoit et ce que traverse réellement la personne épuisée. Elle évoque également la culpabilité, particulièrement forte chez celles et ceux qui ont longtemps associé leur valeur personnelle à leur capacité de travailler, de résister et de satisfaire les attentes.

Comprendre plutôt que culpabiliser

L’un des enjeux majeurs du livre consiste à sortir le burn-out du registre de la faute individuelle. L’épuisement professionnel n’est pas simplement la conséquence d’une faiblesse ou d’un manque de volonté. Il résulte généralement d’une accumulation de facteurs : surcharge durable, pression permanente, manque de reconnaissance, perte de sens, conflits de valeurs, autonomie insuffisante ou impossibilité de poser des limites.

La personne touchée se reproche pourtant souvent de ne plus réussir à accomplir ce qu’elle faisait auparavant. Elle peut se sentir incapable, fragile ou illégitime. Or, la reconstruction commence précisément lorsque cette culpabilité recule et que l’épuisement est reconnu comme le résultat d’un déséquilibre devenu insoutenable.
Le livre s’attache ainsi à identifier les premiers signaux d’alerte, à expliquer les principaux facteurs de risque et à distinguer le burn-out de la dépression. Les deux situations peuvent présenter des symptômes communs et parfois se rejoindre, mais elles ne se confondent pas automatiquement. L’ouvrage invite donc à ne pas établir soi-même un diagnostic et à rechercher un accompagnement professionnel.

Dix fiches pour retrouver des repères

En complément du récit illustré, « Mon burn-out et moi » propose dix fiches pédagogiques consacrées aux principales étapes de compréhension et de prise en charge : définition du burn-out, signes annonciateurs, causes, facteurs de risque, diagnostic, arrêt de travail, acceptation, guérison, erreurs à éviter et période de l’après.
Cette organisation permet plusieurs niveaux de lecture. On peut suivre l’histoire personnelle de Linda Diguet, mais également utiliser l’ouvrage comme un guide pour mieux comprendre ce que traverse un proche, un collègue ou un salarié.

Le choix du dessin joue ici un rôle essentiel. Il ne sert pas uniquement à alléger un sujet difficile. Il permet de représenter l’épuisement, la peur, le repli ou le cynisme sans réduire l’expérience à une succession de définitions. L’humour et la simplicité graphique créent une distance nécessaire, mais ne minimisent jamais la gravité de ce qui est raconté.

La reconstruction ne signifie pas revenir comme avant

L’intérêt de l’ouvrage réside aussi dans sa manière d’aborder l’après-burn-out. Guérir ne signifie pas nécessairement retrouver exactement la vie que l’on menait avant l’effondrement. Le retour à l’équilibre peut exiger une remise en question profonde du rapport au travail, à la réussite, au temps et aux attentes des autres.

Après son propre parcours, Linda Diguet est devenue consultante-formatrice spécialisée dans la qualité de vie au travail et la prévention des risques psychosociaux. Elle accompagne désormais entreprises et particuliers sur les questions de santé mentale, d’orientation professionnelle et d’équilibre de vie.
Cette évolution donne au livre une dimension particulière. Il ne s’agit pas seulement du témoignage d’une personne ayant traversé une crise, mais du prolongement d’un chemin qui a transformé l’expérience douloureuse en compétence et en outil de prévention.

Un ouvrage utile aux personnes touchées comme aux employeurs

Préfacé par Marie Pezé, spécialiste de la souffrance au travail, « Mon burn-out et moi » s’adresse évidemment aux personnes concernées par l’épuisement professionnel. Mais il peut également être utile aux proches, aux responsables d’équipe, aux professionnels des ressources humaines et à tous ceux qui souhaitent mieux reconnaître les mécanismes conduisant à l’effondrement.

Dans un monde professionnel qui valorise encore trop souvent l’endurance, la disponibilité permanente et le dépassement de soi, ce livre rappelle une évidence que l’on oublie facilement : aucun être humain ne dispose de ressources infinies.
Avec ses 128 pages, son langage accessible et son univers graphique, l’ouvrage contribue à mettre des mots et des images sur un phénomène longtemps entouré de honte et d’incompréhension. Il ne promet pas de solution instantanée. Il propose quelque chose de plus honnête et sans doute de plus utile : des repères pour comprendre, accepter et commencer à se reconstruire.

A partir du 17 septembre en librairie

« Mon burn-out et moi », de Linda Diguet
Préface de Marie Pezé.
Éditions Vuibert Graphic.
128 pages — 22 euros.

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