Les vacances ne s’arrêtent pas tout à fait lorsque les valises sont défaites. Elles se prolongent parfois dans une bouteille rapportée d’un vignoble, un pot de miel acheté sur un marché, un magnet collé sur la porte du réfrigérateur ou un objet artisanal posé sur une étagère.
D’après une enquête réalisée pour VistaPrint auprès de 1 000 personnes, **94 % des Français déclarent rapporter des souvenirs de vacances**. Pour 58 % d’entre eux, il ne s’agit même pas d’un achat occasionnel : ils disent le faire systématiquement. Le souvenir apparaît ainsi comme l’un des derniers rites presque universels du voyage.
## Un cadeau davantage qu’un trophée personnel
Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’expression « souvenir de vacances », ces objets ne sont pas principalement destinés à celui qui voyage.
Les premiers bénéficiaires sont les parents : **58 % des personnes interrogées déclarent leur rapporter un cadeau**. Viennent ensuite les amis, cités par 37 % des répondants, puis les enfants, à 34 %. Seuls 10 % disent acheter des souvenirs exclusivement pour eux-mêmes.
Le souvenir ne sert donc pas seulement à se rappeler un lieu. Il permet de dire à quelqu’un : « J’ai pensé à toi pendant mon absence. » Il devient une preuve modeste d’attention, une façon de faire entrer les proches dans un voyage auquel ils n’ont pas participé.
Le cadeau rapporte symboliquement un morceau de la destination : son goût, son artisanat, ses couleurs ou ses clichés les plus immédiatement reconnaissables.
## Le triomphe du saucisson, du fromage et des produits locaux
Les Français privilégient très largement les souvenirs qui se mangent. **Les produits alimentaires locaux arrivent en tête avec 61 % des réponses**, loin devant les magnets, choisis par 40 % des voyageurs. Les objets artisanaux et les éléments de décoration arrivent à égalité, avec 37 %.
Le succès des spécialités culinaires n’a rien de surprenant. Un produit régional est facile à transporter, à offrir et à partager. Il permet aussi de prolonger physiquement le voyage autour d’une table. Le souvenir devient alors une expérience collective : on ouvre une bouteille, on découpe un fromage, on raconte le marché où il a été acheté.
Cette préférence évolue toutefois selon l’âge. Les spécialités régionales sont rapportées par **70 % des 50-64 ans**, contre seulement 46 % des 18-24 ans. L’attachement au terroir et aux produits alimentaires semble donc se renforcer avec les années, tandis que les plus jeunes peuvent être attirés par d’autres formes de représentation du voyage.
## Les voyageurs veulent de l’authentique
Le mot revient partout : authenticité.
Pour **68 % des Français**, il est important que le souvenir ait été fabriqué localement. Ce critère arrive devant la qualité du produit, citée par 51 % des personnes interrogées, et son prix, retenu par 50 %.
Dans un univers touristique parfois envahi par des objets standardisés, identiques d’une ville à l’autre, les voyageurs veulent croire qu’ils rapportent quelque chose d’unique. Ils ne souhaitent plus seulement acheter le nom d’une destination imprimé sur un objet fabriqué à des milliers de kilomètres. Ils recherchent une origine, un geste, un producteur et, si possible, une histoire.
Cette attente se retrouve dans le choix des commerces. **43 % des Français disent accorder davantage leur confiance à une boutique d’artisan indépendant** qu’à une boutique de souvenirs traditionnelle ou à une grande enseigne.
L’histoire du producteur renforce l’impression d’authenticité pour 46 % des répondants. Une origine de fabrication clairement indiquée convainc 45 % d’entre eux, tandis qu’un design inspiré du territoire compte pour 43 %.
Le touriste contemporain ne veut donc plus seulement rapporter un objet. Il veut pouvoir raconter d’où il vient, qui l’a fabriqué et pourquoi il représente véritablement le lieu visité.
## L’emballage peut faire grimper le prix
L’authenticité n’exclut pas la mise en scène commerciale. L’étude montre même que la présentation du produit influence fortement sa valeur perçue.
Près de **trois Français sur quatre, soit 73 %, se disent prêts à payer davantage pour un produit régional présenté dans un emballage haut de gamme et directement prêt à offrir**. Parmi eux, 35 % accepteraient une augmentation allant jusqu’à 5 %, 29 % jusqu’à 10 % et près d’une personne sur dix pourrait payer plus de 10 % supplémentaires.
Une spécialité locale ne se vend donc plus uniquement par son goût ou son origine. Son emballage participe à l’histoire que l’on souhaite transmettre. Une jolie boîte transforme un produit courant en cadeau. Elle lui donne une apparence plus précieuse et lui évite parfois de ressembler à un achat effectué en urgence dans la dernière boutique avant le départ.
Cette donnée doit néanmoins être lue dans son contexte : l’enquête a été commandée par VistaPrint, entreprise spécialisée dans les produits imprimés et personnalisés. Elle renseigne sur les intentions déclarées des consommateurs, mais ne constitue pas une étude académique indépendante.
## Des milliers de photographies qui ne quittent jamais le téléphone
L’étude fait apparaître un paradoxe particulièrement révélateur de notre époque. Les vacances n’ont probablement jamais été autant photographiées, mais leurs images sont rarement transformées en objets durables.
**71 % des Français laissent leurs photos de vacances sur leur téléphone ou leur ordinateur**, sans les imprimer ni réaliser d’album. Seuls 29 % créent un livre photo ou un album imprimé, tandis que 15 % font développer des tirages sur papier.
Nous produisons ainsi des quantités considérables d’images dont nous ne faisons presque rien. Elles s’accumulent dans les mémoires numériques, entre des captures d’écran, des documents et des milliers d’autres photographies. Elles existent, mais deviennent progressivement invisibles.
Fait plus inattendu, les jeunes ne sont pas nécessairement les moins attachés à l’objet imprimé. **39 % des 18-24 ans déclarent créer un livre photo**, contre seulement 23 % des 50-64 ans. À l’inverse, 75 % des plus de 50 ans laissent leurs photographies dormir sur leurs appareils, contre 66 % des 18-24 ans.
Le livre photo pourrait donc connaître un retour chez une génération précisément habituée à la dématérialisation. Lorsqu’une image imprimée devient rare, elle retrouve peut-être une valeur que l’abondance numérique lui avait fait perdre.
## Partager immédiatement, raconter plus tard
Le souvenir de vacances circule désormais d’abord à travers les écrans. Les applications de messagerie comme WhatsApp ou Messenger constituent le premier moyen de partage pour 29 % des Français. Les réseaux sociaux arrivent ensuite, avec 25 %.
Mais le récit oral n’a pas disparu. **22 % des personnes interrogées préfèrent attendre leur retour pour raconter leurs vacances de vive voix.**
Cette proportion rappelle qu’un voyage ne se résume pas à ses images. Raconter une rencontre, une mésaventure, un paysage ou un repas suppose du temps, une présence et un interlocuteur. Le récit transforme l’expérience personnelle en histoire commune.
Finalement, le véritable souvenir n’est peut-être ni le magnet, ni la boîte de biscuits, ni même la photographie. Il réside dans ce que ces objets permettent de réactiver : un moment, une sensation et le plaisir de transmettre aux autres un fragment de ce que l’on a vécu.
Source et méthodologie : étude Pollfish réalisée le 17 juillet 2026 pour VistaPrint auprès de 1 000 Français âgés de plus de 18 ans, présentés comme constituant un échantillon représentatif de la population française. Les résultats ont été diffusés dans un communiqué de presse daté du 27 juillet 2026.
