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Bryan Johnson a-t-il vraiment créé son « clone » ? Derrière le buzz, ce que dit réellement la science

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Bryan Johnson a-t-il vraiment créé son « clone » ? Derrière le buzz, ce que dit réellement la science

Le milliardaire américain Bryan Johnson, devenu la figure la plus médiatique de la lutte contre le vieillissement, a une nouvelle fois fait exploser les réseaux sociaux. Sur X, il a annoncé avoir « cloné » une version nouveau-né de lui-même, baptisée « Baby Bryan », affirmant qu’elle pourrait un jour lui permettre de tester des traitements, de fabriquer des organes de remplacement ou encore de produire de jeunes cellules destinées à ralentir son vieillissement.

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L’annonce est spectaculaire. Mais elle est aussi trompeuse.

Pas un clone humain

Contrairement à ce que laisse entendre la formule choc, Bryan Johnson n’a pas créé un être humain identique à lui-même.

Ce qu’il décrit est une technique bien connue des biologistes : les cellules souches pluripotentes induites (iPSC). À partir d’une simple prise de sang, des cellules adultes sont reprogrammées grâce aux « facteurs de Yamanaka » afin de retrouver un état proche de celui de cellules embryonnaires. Ces cellules peuvent ensuite être orientées vers différents types de tissus : neurones, cellules cardiaques, cellules rétiniennes, etc.

Autrement dit, il s’agit de cellules en laboratoire, pas d’un embryon viable ni d’un « bébé Bryan ».

Un immense potentiel… mais encore beaucoup d’inconnues

Bryan Johnson imagine déjà utiliser ces cellules pour faire pousser des organes compatibles avec son propre organisme, tester des médicaments avant de les prendre ou injecter de nouvelles cellules plus jeunes dans son corps.

Ces perspectives existent effectivement dans la recherche médicale, mais elles restent largement expérimentales. Des essais cliniques sont déjà en cours pour certaines maladies comme Parkinson, certaines atteintes de la rétine ou des maladies cardiaques. En revanche, fabriquer des organes humains complets destinés à une transplantation reste aujourd’hui un objectif de long terme, loin d’être une réalité clinique.

Entre communication et science

Comme souvent avec Bryan Johnson, la frontière entre avancée scientifique et mise en scène est mince.

En parlant de « clone », il utilise un mot qui frappe les esprits mais qui ne correspond pas au vocabulaire scientifique. Plusieurs chercheurs ont rapidement rappelé qu’une culture de cellules iPSC n’est pas un clone humain et ne peut pas se développer seule en un individu complet.

Cette stratégie de communication n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, Johnson documente son programme Blueprint, dans lequel il investit plusieurs millions de dollars pour ralentir son vieillissement grâce à une surveillance médicale permanente, une alimentation extrêmement contrôlée et des protocoles expérimentaux.

Le débat est lancé

L’annonce a suscité autant de fascination que d’inquiétude. Certains y voient un aperçu de la médecine régénérative de demain. D’autres dénoncent une communication sensationnaliste qui brouille la compréhension du public et soulève des questions éthiques majeures sur les limites de la biotechnologie.

Une chose est certaine : Bryan Johnson n’a pas créé son double. Il a utilisé une technologie de cellules souches déjà connue des chercheurs, en lui donnant un nom et une mise en scène qui ont suffi à faire le tour du monde.

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