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Festival Photo Martagny 2026 : quand un village normand devient une galerie à ciel ouvert

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Festival Photo Martagny 2026 : quand un village normand devient une galerie à ciel ouvert

Jusqu’au 30 août 2026, Martagny accueille la neuvième édition de son festival photographique. Onze expositions, installées au cœur de cinq hectares de nature, composent un parcours libre et gratuit où se rencontrent photographie documentaire, création contemporaine, mémoire historique et visions poétiques.

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À Martagny, la photographie ne s’enferme pas entre quatre murs. Elle se découvre en marchant.

Les images apparaissent au détour d’un jardin, le long d’un chemin, sur une façade ou dans les espaces verdoyants entourant le Moulin. Pendant tout l’été, ce village de l’Eure, situé dans le Vexin normand et en lisière de la forêt de Lyons, se transforme ainsi en vaste galerie à ciel ouvert. Les onze expositions de l’édition 2026 sont accessibles gratuitement, sept jours sur sept, du 13 juin au 30 août.

Une photographie qui dialogue avec le paysage

La véritable originalité du Festival Photo Martagny tient à cette rencontre entre les œuvres et le territoire.

Ici, les photographies ne sont pas seulement regardées. Elles sont approchées, traversées, parfois découvertes à distance avant de se révéler pleinement. Le déplacement du visiteur fait partie de l’expérience. Le paysage normand devient un écrin, mais aussi un partenaire silencieux de l’image.

Cette manière de montrer la photographie change naturellement la relation aux œuvres. Elle impose moins le recueillement qu’elle ne le suggère. Chacun avance à son rythme, s’arrête, revient sur ses pas ou laisse une image l’accompagner jusqu’à la suivante.

Le festival se situe à environ une heure trente de Paris, une heure de Rouen et quarante-cinq minutes de Beauvais. Il propose ainsi une véritable escapade artistique, loin des salles uniformes et des parcours muséaux trop balisés.

Onze expositions, onze manières de regarder

La programmation 2026 réunit des photographes français et internationaux aux univers particulièrement différents.

Jean Gaumy, membre de l’agence Magnum, présente Les hommes de mer, un travail consacré à celles et ceux dont l’existence demeure intimement liée au monde maritime. Tateyuki Adachi explore la puissance animale et les paysages nocturnes africains avec Lion Night. Dans Different Beauty, le photographe tchèque David Těšínský s’intéresse aux identités, aux existences marginales et aux communautés vivant hors des représentations conventionnelles.

Avec De la fracture à la matière, Francesca Piqueras interroge les traces laissées par l’activité humaine dans notre environnement. Olivier Mühlhoff transforme les arbres aperçus depuis les trains en mystérieuses constructions visuelles dans Arborescences, tandis que Frédéric Grimaud plonge dans la préparation du carnaval de Jacmel avec Souf Lavi : l’élan vital.

L’affiche de cette neuvième édition met en avant une photographie de Vincent Binant, issue de son exposition Zhitong. Le visage, le regard, la posture et la matière presque picturale de l’image produisent une présence immédiate. La conception graphique de Myriam Bouchet accompagne intelligemment cette photographie sans l’étouffer : le visuel possède l’élégance un peu mystérieuse d’une couverture de revue de mode, tout en conservant une véritable étrangeté artistique.

Des animaux, des apparitions et la mémoire de Verdun

La programmation ne se limite pas à la photographie humaine ou sociale.
Dans APPARITIONS, Frank Deschandol observe les stratégies animales permettant de se dissimuler ou, au contraire, de signaler sa présence. L’exposition joue avec le camouflage, la vulnérabilité et la visibilité des espèces. Xavier Lambours prolonge quant à lui son travail autour de la relation entre l’être humain et l’animal avec Gueule de bête.

Une exposition réalisée avec l’ECPAD revient également sur la bataille de Verdun à partir de fonds photographiques historiques. Verdun, photographier la Grande Guerre rappelle combien l’image est à la fois un document, une construction du regard et un fragment de mémoire transmis aux générations suivantes.

Le festival affirme enfin son engagement en faveur de l’inclusion avec Autoportraits oniriques, réunissant Erwan Autret et des jeunes accompagnés par l’IME Bernard Laurent de Montrôty. Ces créations accordent une place entière à des imaginaires trop rarement présentés dans les grands événements artistiques.

Un festival devenu grand sans perdre son esprit

Créé en 2018 par l’association Visions d’Ailleurs, le Festival Photo Martagny avait commencé modestement avec soixante photographies de Michel Setboun exposées dans la cour de l’ancienne école.

Depuis, le parcours s’est étendu jusqu’à occuper cinq hectares. Le festival revendique aujourd’hui une fréquentation de plus de 14 000 visiteurs en 2025 et espère approcher les 20 000 personnes en 2026. Une croissance impressionnante pour un événement qui continue pourtant de défendre la gratuité, la proximité avec les artistes et l’engagement des habitants du village, dont une part importante participe bénévolement à son organisation.

Autour des expositions sont également organisés des rencontres, des visites guidées, des ateliers, des projections et plusieurs soirées mêlant photographie, musique et animations. La clôture du 30 août sera notamment consacrée au centenaire de la disparition de Claude Monet, avec une journée autour de l’impressionnisme.
Regarder autrement

Le Festival Photo Martagny rappelle une évidence parfois oubliée : une photographie n’a pas nécessairement besoin d’un musée prestigieux ou d’un marché spéculatif pour produire une émotion.

Il lui faut avant tout un regard disponible.

En installant les œuvres dans un paysage vivant, en laissant le ciel, les arbres et la lumière modifier leur perception, Martagny offre une expérience simple et profondément juste. La photographie y retrouve quelque chose de sa liberté première : surgir dans le monde, arrêter brièvement celui qui passe et lui proposer une autre manière de voir.
Informations pratiques

Festival Photo Martagny — 9e édition
Du 13 juin au 30 août 2026
Moulin de Martagny, 1 Le Bourg, 27150 Martagny
Expositions gratuites et accessibles sept jours sur sept
Parking gratuit sur place
Kiosque d’accueil ouvert du mercredi au dimanche, de 14 heures à 19 heures

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