Le trait apparaît.
La couleur s’approche.
Ils ne se confondent jamais.
Ils se répondent.
Le trait dessine une forme.
La couleur lui donne un corps.
Une température.
Une respiration.
Une gravité.
Le trait est l’ossature.
La couleur devient la chair.
Les muscles.
Les tendons.
Le souffle silencieux du dessin.
L’un peut exister sans l’autre.
Mais ensemble, ils cessent d’être une image.
Ils deviennent une présence.
Alors je ralentis.
Je reviens.
Encore.
Je travaille des espaces plus petits que petits.
Des fragments presque invisibles.
Là où le regard hésite.
Là où tout se décide.
Une nuance.
Un demi-ton.
Une infime variation.
Et le dessin change de respiration.
Je ne cherche pas une belle couleur.
Je cherche la couleur juste.
Celle qui ne s’impose pas.
Celle qui révèle.
La précision n’est pas une volonté de perfection.
C’est une manière de prendre soin.
Prendre soin d’une ligne.
Prendre soin d’un silence.
Prendre soin de ce qui demande à apparaître.
Je ne colore pas un dessin.
Je lui donne le temps de devenir lui-même.
Et lorsque la couleur trouve enfin sa place, elle ne
recouvre plus le trait.
Elle révèle ce qu’il savait depuis le
commencement.
Ecouter ce texte lu par son auteure sur la page YouTube dédiée DESSINER L’ATTENTION : https://youtu.be/CXl-AKrxUXk
