Ecrire, pour moi, c’est comme naître.
Mais en décalé.
C’est rose clair.
Doux.
Chaud.
Ça sent le frais.
Je m’y sens bien.
Comme dans une pièce laissant entrer le
soleil au printemps.
Je m’y sens en sécurité.
Apaisée.
Les jours ne disparaissent pas.
Ils changent de matière.
Ils deviennent une mixture colorée.
Une salade composée.
Une sorte de plusieurs mois décortiqués
en alphabet.
Cet alphabet cherche les autres.
Déposer les mots, c’est faire acte d’identité.
Faire acte de présence à la vie.
Faire acte d’existence.
Prendre sa place dans le monde.
Ecrire, c’est se dévoiler.
Retirer une à une les couches qui nous protègent.
Défaire le puzzle de son histoire.
En déposer chaque pièce sur la page.
Ecrire, c’est accepter qu’une part de soi ne
nous appartienne plus tout à fait.
C’est se mettre à nu.
Sur la page.
Dans l’attente silencieuse d’une rencontre.
Qu’un jour, quelqu’un ouvre ce livre.
Non pour y chercher une histoire.
Mais pour y rencontrer une présence.
